Extrait des minutes secrétariat greffe du Tribunal de grande instance de toulouse



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Là, je me dois d’ouvrir une parenthèse. Autant les commentaires du tribunal sur le principe de la création d’une CEI, sur sa soi-disant inféodation à l’enquête policière et sur l’analyse philosophique de ses méthodes de travail relèvent de l’inculture et de l’affabulation mensongère, autant la CEI telle qu’elle a été constituée et plusieurs fois remaniée n’a jamais fonctionné de façon satisfaisante. Elle s’avère avoir constitué un champ clos dans lequel se sont affrontés des cultures d’entreprises différentes, fédérées depuis trop peu de temps, ainsi que les ego surdimensionnés de diverses personnes avant tout soucieuses de se mettre en valeur tout en réglant des comptes personnels. Le débat avec elle était tout aussi impossible qu’avec les experts judiciaires principaux. Me Soulez-LarivIERE en était satisfait, car il avait ainsi la possibilité de tout régenter dans la préparation de sa pseudo-défense et la direction juridique de Total s’est avérée nulle en laissant faire Me Soulez-LarivIERE et en n’informant pas le Président Thierry DESMAREST de cette dérive. La première personne compétente et intellectuellement honnête avec qui j’ai pu dialoguer fut Gérard HECQUET, démolisseur de la thèse de l’accident chimique, qui ne faisait pas partie de la CEI et s’est opposée à elle, jusqu’au moment où cette dernière a été obligée de se rallier à son analyse, l’a faite sienne puis a monté une cabale interne conduisant à l’éviction de Gérard HECQUET, qui n’a même pas été cité comme expert de la défense au procès (j’adhère sans réserve à la thèse de Gérard HECQUET). La seconde a été José DOMENECH, membre de la CEI, qui n’a jamais participé à une magouille interne et n’a cessé de persévérer dans la recherche objective de la vérité. J’ai pu débattre sereinement avec lui. Nous sommes d’accord sur de nombreux points alors que nous divergeons sur d’autres et tout cela aurait du contribuer à faire progresser l’analyse. Mais José DOMENECH est devenu la tête de turc aussi bien de la CEI que de LE MONNYER dont le comportement à son égard fut inadmissible.
Force est de relever que la société GP, après avoir justifié la création de la CEI par cette obligation d'informer les pouvoirs publics remarquons la logique du juge; GP est censé devoir se justifier d’avoir créé la CEI alors qu’elle en avait l’obligation légale, va abandonner très tôt la recherche de la cause et transformer les membres de cette commission en des techniciens de la défense, les obligations réglementaires étant perdues de vue au profit de la préparation de la défense pénale. Affirmation purement gratuite qui ne repose sur rien. La vérité est que la thèse accusatoire était un dogme révélé et que toute contestation de l’un quelconque de ses éléments était considéré comme une apostasie. Les experts judiciaires principaux se sont d’ailleurs indignés, dans l’un de leurs rapports, de devoir faire face aux objections de la CEI, obligation qui les retardaient dans leurs travaux.
Le fait que la défense privilégie l'extranéité de la cause je ne suis pas familier du jargon juridique mais je me demande ce que le mot extranéité vient faire ici. Je croyais qu’il qualifiait juridiquement la situation d’un étranger. LE MONNYER veut-il dire que la cause serait qualifiée par la défense « d’étrangère au site AZF » ? Dans un tel cas, il aurait dérapé car c’est effectivement le cas, alors que jamais ni la Justice ni la CEI ni Me SOULEZ-LARIVIERE n’ont accepté cette vérité ne suffit pas à l'exonérer du manquement à cette obligation de maîtrise induite par la législation européenne mais il ne s’agit plus ici de la CEI. LE MONNYER se reprend les pieds dans le tapis. Totalement motivé par sa frénésie accusatoire, il oublie ici qu’il prétend traiter de la problématique de la CEI ; en effet, il appartiendrait en toute hypothèse à l'exploitant de justifier qu'aucun événement accidentel ne puisse pourrait expliquer la détonation du nitrate déclassé; or, ainsi qu'on le relèvera, la défense est dans l'incapacité d'établir cette preuve c’est encore du droit revisité par LE MONNYER. Cette soi-disant obligation légale d’apporter une telle preuve est totalement mythique par suite de défaillances ou carences de l'organisation et donc de la maîtrise des procédés la contestation d’une organisation de manutention n’a rien à voir avec la maîtrise d’un procédé, manquements relevés à plusieurs niveaux de la chaîne causale développée par l'acte de poursuite.
En effet, il faut retenir que ce ne sont pas les destructions occasionnées par la catastrophe qui privent l'exploitant de la possibilité de renseigner les pouvoirs publics sur les substances en cause, et notamment celles se trouvant dans la benne qui est déversée entre 15 et 30 minutes avant la catastrophe sur le sol du box, mais la défaillance organisationnelle dans la maîtrise des filières "déchets": inexistence ou non respect des consignes d'exploitation.
Interrogés en fin de débats mais qu’est ce que cela a à voir avec la problématique de la CEI ? sur le respect de cette obligation de maîtrise au regard de l'enchaînement causal ressortant de l'ORTC, les prévenus seront dans l'incapacité, de présenter des observations pertinentes aux constats du non-respect de plusieurs consignes internes ou de l'absence de consignes à l'égard notamment des salariés des entreprises extérieures et ce concernant :
- l'organisation de la filière des déchets de l'atelier ACD (non-respect de la vérification par GP de la procédure de lavage des sacs),

- la maîtrise de l'activité de la SURCA au sein du bâtiment 335 (manipulation de DIS par un sous traitant non habilité, non respect de l'obligation de geler les bennes contenant des DIS dans l'attente d'une solution corrective qu'il appartient à l'atelier d'origine de mettre en œuvre)



- l'entrée dans le box du 221 (autorisation de déverser le contenu d'une benne dans un local au mépris des mouvements autorisés, donnée par un représentant de l'exploitant sans vérification du contenu...). Tout ce fatras n’a toujours rien à voir avec la problématique de la CEI
II-3-2-3 : l'analyse des constatations opérées par la CEI :
L'étude des notes de la CEI, intitulées "rapport provisoire", du 28 septembre au 5 décembre 2001 est à plusieurs titres, fort instructive; si le tribunal estime acquis que les difficultés multiples auxquelles ont été confrontés les enquêteurs de la police judiciaire sont, pour certaines, du même ordre que celles rencontrées par les membres de la CEI, il y a lieu de relever objectivement, et sans que cela constitue la moindre critique, que ceux-ci disposaient d'un atout considérable sur les policiers, à savoir la connaissance de l'usine, des produits, des hommes et la facilité que procure l'analyse des procédures industrielles pour des inspecteurs dont l'essentiel de la carrière professionnelle les avait conduits pour certains à diriger des unités de même nature que celle de l'usine AZF, ou à travailler en qualité d'inspecteurs sécurité d'entreprise chimique (le fait que M. DOMENECH ne soit pas un chimiste ne constitue nullement un handicap pour un homme de sa compétence qui, après avoir travaillé comme inspecteur sécurité environnement chez Atofina, nous apprend qu'il poursuit ses activités pour le compte de la SA Total). Pur blabla Mais on sent que José DOMENECH est la principale cible de LE MONNYER dans la CEI, les autres membres, dont le président, qui avaient un rôle tout aussi important ne semblent pas le préoccuper.
Dès le 28 septembre 2001, la CEI fixe le cadre de son travail, détermine une méthode, à savoir "la poursuite du recueil d'informations (interviews, observations de terrains, collecte de documentation) dans sa réflexion sur les causes et l'adoption d'une démarche systématique partant du constat de la détonation de nitrate d'ammonium pour remonter l'arbre des causes possibles et examiner leur vraisemblance relative".
Dans ce premier rapport, on relève des informations passionnantes sur les premiers éléments recueillis ; c'est ainsi que ces professionnels des questions de sécurité relèvent que le silo 221 reçoit, outre les entrées de NA conformes aux règles internes de l'usine "des granulés issus de diverses opérations de récupération ; Il semble que des produits issus d'autres fabrications du site y soient présents en quantité minime." Cette mention figurant dans le premier rapport de la CEI, et le fait que dès le lendemain de l'audition de M. FAURE, la commission décide d'organiser un inventaire des sacs, opération qui s'apparente à une perquisition abus flagrant de langage : un inventaire interne n’a aucune analogie juridique avec une perquisition, qui sera suivie ensuite par la prise d'échantillon dans un sac de DCCNA, le 2 ou 3 octobre 2001, les déclarations non spontanées c’est une manie de M. DOMENECH, inventeur du dit sac, sur ce point ne permettant pas au tribunal de se faire une idée précise de la chronologie, démontrent qu'à l'évidence cette découverte est considérée comme majeure par les membres de la CEI. La date du constat par José DOMENECH de la totale vacuité du 335 est incontestable ainsi que celle de sa découverte ultérieure du sac de DCCNa à un endroit bien visible. La seule incertitude porte sur le moment où ce sac a été introduit par un mystérieux manipulateur sous les yeux de la PJ chargée notamment de la conservation des preuves.
Comme les policiers, les membres de la CEI vont recueillir des informations très claires à la fois sur:
- l'état du bâtiment et plus particulièrement de la dalle, fortement dégradée par le nitrate d'ammonium, qui les fait s'interroger quant à une éventuelle initiation par la mise en contact du souffre soufre et du NA mais d’où sortirait ce soufre ? Le remblai sous la dalle n’était certainement pas constitué de soufre., deux produits présentés comme incompatibles, cette thèse n'ayant jamais été étudiée par les experts judiciaires,

- sur la proximité des deux tas (box et tas principal),

- sur l'humidité affectant le box sous vent d'autan, comme c'était le cas lors de la catastrophe, allant jusqu'à retenir la présence de flaques d'eau vers l'entrée (mais il est vrai qu'à l'époque l'importance que pouvait avoir cette humidité sur le box n'était pas connue par les témoins qui déposaient sur la situation de ce bâtiment ou son exploitation), autant de points qui seront considérés, à l'audience, par la défense de GP, dont la CEI est l'émanation, comme non démontrés et susceptibles d'écarter la pertinence des travaux du collège principal. Je rappelle qu’aucune condensation d’humidité atmosphérique (rosée) ne s’est produite le 21 avant la catastrophe et qu’aucune trace d’humidité ancienne ne pouvait subsister dans le box qui venait d’être râclé.
Il convient de relever que dès le 7 octobre 2001, la CEI va noter (au crayon gris) la présence parmi les sacs recensés au bâtiment 335 de (alors 2) sacs de DCCNA ; on précisera dans une note ultérieure "la présence de granulés dans les sacs de produits chlorocyanurés "; on y ajoute que "la suite de l'enquête devra s 'efforcer de vérifier que les produits récupérés suite au secouage des sacs et transportés dans le bâtiment 221, n'ont pas engendré une réaction similaire à celle que les nitrites ou le vieux bois peuvent engendrer" (note du 16 octobre 2001) Il n’y a pas de réaction du nitrate avec le vieux bois sec. Que viennent faire les nitrites dans cette galère ?
Le 5 décembre 2001, la CEI fait un point sur ses premiers travaux et liste une série d'hypothèses qu'il conviendrait d'approfondir ; les pistes diverses sont regroupées au sein de cinq parties :
- la mise en détonation du nitrate par suite d'un incendie : cette piste est logiquement écartée par ces enquêteurs au regard des éléments recueillis, excluant la possibilité d'un incendie qui aurait dû avoir une certaine durée ;

- l'attentat, et les pistes associées : bombe de la seconde guerre mondiale, explosion de nitrocellulose dans le sous-sol, sont examinées bien qu'elles ne figurent pas dans le champ de compétence que la commission s'accorde ;

- la mise en détonation par effet "projectile" : accident industriel, météorite, chute d'une pièce d'aéronef, reste d'un engin spatial,

- la mise en détonation par un mélange sensibilisé et auto détonant (produits incompatibles mis en quantité suffisante en contact sur le tas de nitrates) : il s'agit de l'explication retenue par le magistrat instructeur ; à l'époque, on peut relever que cette piste figure dans une rubrique autonome du listing ; la CEI y relève :


"H ? a été rapporté (témoignage enregistré par la commission) qu'entre une demi-heure et un quart d'heure avant l'explosion, il a été déposé sur le tas situé dans le box du 221, une benne (type utilisé pour la collecte des déchets), provenant du local 335, où le sous-traitant chargé de la collecte des déchets banals (qui était aussi chargé du transfert des bennes de refus de criblage des nitrates vers le 221) avait, depuis le printemps dernier, organisé le regroupement et le "secouage" des emballages plastiques destinés à être recyclés. La benne contenait le produit issu du secouage des emballages effectué dans le local 335. Ces emballages étaient normalement ceux issus des activités nitrates et urée. Aucune procédure de l'usine n'indiquait que les restes éventuels de produit contenu dans les sacs étaient repris sur le site . Des procédures spécifiques existaient par ailleurs pour les déchets d'emballages ayant contenu certains produits chimiques fabriqués sur le site et qui devaient être orientés vers la filière "déchets spéciaux", après avoir été lavés. La visite que la commission a effectué au local 335 a montré qu'il s'y trouvait, parmi une majorité de sacs vides d'urée et de nitrates, quelques emballages vides, mais non lavés, de divers produits chimiques. Certains n'auraient dû aucunement se trouver dans le local puisqu'ils étaient couverts par une procédure "déchets spéciaux". Il est difficile de connaître les quantités de produit qui auraient pu se trouver dans ces emballages .On est, de nouveau, en plein roman d’imagination. Quand José DOMENECH, juste après la catastrophe, a visité seul le 335, il était entièrement vide. Par ailleurs, lorsqu’il l’a revisité, il ne contenait que le sac vide de DCCNa. Il est à noter aussi que d'autres produits se trouvaient dans le local 335 : Faux. Ils y ont été trouvés bien après la catastrophe.
* une benne entière de sels usagés (nitrate de potassium, nitrite de sodium, produit hautement incompatible avec le nitrate d'ammonium) venant de la vidange d'un circuit de fluide caloporteur, De quel circuit caloporteur s’agit-il ? A-t-il été réellement vidé récemment ? Quelle est le cocktail exact de sels fusibles qu’il contient ? Ces hypothèses tronquées montrent l’incroyable légèreté de leurs auteurs.

* plusieurs bennes et sacs de melem, déchets de fabrication de la mélamine ;
Nous sommes donc amenés à examiner comment des quantités hypothétiques de ces divers produits, mis au contact du nitrate d'ammonium humide tout le monde sait que le box avait été raclé le matin même et ne pouvait contenir d’humidité et que le nitrate qui venait d’être déposé n’avait pas eu le temps de s’humidifier de façon significative dans le box du 221, auraient pu réagir rapidement. Les études bibliographiques donnent des indications variables suivant les produits, certains étant probablement inertes, d'autres ayant un effet sensibilisant (pouvant abaisser la température de décomposition du nitrate d'ammonium), d'autres enfin pouvant éventuellement réagir fortement avec le nitrate d'ammonium. Un programme d'essais est en réparation avec plusieurs laboratoires, tout d'abord pour dégrossir chaque sujet avec le CRRA de Pierre-Bénite (laboratoire sécurité des procédés), puis avec des laboratoires experts en matière de détonation (TNO, ENSMA de Poitiers et laboratoire russe associé). Ces études dureront plusieurs mois.

Il est à noter que le témoin à l'origine de cette piste (l'agent du sous-traitant chargé de la collecte des déchets) est revenu ultérieurement sur ses déclarations, en affirmant que le dernier apport au 221 ne concernait que du nitrate d'ammonium. Compte tenu de la concordance de temps entre la livraison de la benne et l'événement et aussi de l'incompatibilité forte de certains produits incriminés avec le nitrate d'ammonium, cette piste, nous paraît devoir être approfondie en priorité, parmi celles dont l'étude nous paraît bien relever du champ couvert par notre commission d'enquête.
D'autres apports incontrôlés ont été ou ont pu être également effectués dans le local 221 à des moments divers:
* Un GRVS contenant un intermédiaire de fabrication d'acide cyanurique... Qu’est-ce encore que cette invention ? L’AC résulte directement d’une calcination contrôlée d’urée.

* Il a été rapporté que du sulfate de calcium, issu de la neutralisation d'une perte de confinement d'un réservoir d'acide sulfurique, aurait pu être déposé dans le 221.C’est un on-dit de plus.

* Les autres apports concernant les nitrates issus du nettoyage des ateliers de fabrication nous paraissent, suivant les divers témoignages reçus, avoir été bien contrôlés et ne devraient pas avoir apporté de polluant inacceptable (une filière spécifique existait à l'atelier de nitrates pour évacuer en déchets spéciaux de tels produits).

* La pollution du nitrate par de l'huile issue des engins de manutention a parfois été évoquée. L'engin "chouleur" exclusivement utilisé à l'intérieur du 221 se trouvait dans le stockage de nitrate d'ammonium 14 au moment de l'explosion... Le programme d'essais, de manière non prioritaire, comprendra l'étude de l'effet d'une pollution par l'huile. Il serait opportun de préciser que la suite a démontré qu’il n’y avait pas de pollution par l’huile

* II a été rapporté l'apport, effectué la veille de l'accident, du nitrate produit lors de l'essai industriel avec un nouvel enrobant, le Fluidiram 930. Ce produit a été le jour même mis par le chouleur à l'extrémité ouest du tas présent dans le 221. A priori ce produit ne paraît pas devoir être mis en cause...
E) La mise en détonation par un mélange sensibilisé et auto-détonant (produits incompatibles mis en quantité suffisante en contact sous le tas de nitrates ou en sous-sol)... "
La commission y évoque la présence de soufre fleur stupide, l'existence d'un revêtement d'asphalte faux. Il n’y avait pas de revêtement d’asphalte dans le 221. ou l'hypothèse d'un mélange (auto)-détonant résultant de l'activité bactérienne en sous-sol.
"F) D'autres pistes peuvent également être envisagées:

F-1). En premier lieu, la combinaison de plusieurs causes parmi celles évoquées ci-dessus, comme par exemple l'association d'un point chaud (défaillance électrique, mégot) avec des produits engendrant une sensibilisation forte du nitrate d'ammonium ayant pu provoquer une décomposition rapide. Un effet électromagnétique original provoquant une montée en température du tas par effet micro-onde..., la foudre : suite aux témoignages faisant état d'un éclair nous avons questionné Météorage qui nous a fait part de l'absence d'impact de foudre dans cette zone le 21 septembre (les conditions météorologiques de vent d'autan ne prédisposaient pas du tout à l'activité orageuse.) "

Il résulte de ce rapport plusieurs éléments qu'il convient de souligner et qui nous semble effectivement particulièrement pertinents :


- la CEI recueille dans les premiers jours suivant la catastrophe, c'est à dire à un moment où les souvenirs sont les plus frais et où aucune considération de reconstruction ne vient fragiliser ces informations, des éléments conformes à ceux recueillis par les policiers, ce qui invalide catégoriquement les explications tardives et embarrassées de M. Panel qui tentait de discréditer le travail des policiers afin de retirer la valeur probante de son premier témoignage sur l'état et le fonctionnement du bâtiment 221 dont il était le responsable.

- la piste chimique est la piste qui semble aux yeux de la CEI celle qui mérite d'être examinée en priorité, parmi celle dont l'étude relève de leur champ de compétence c'est à dire hors piste intentionnelle ;



- la CEI y relève effectivement l'importance de l'humidité affectant la couche de nitrate au sol du box, Non, elle n’a évoqué que l’humidité éventuellement apportée de l’extérieur à l’entrée du sas. Il n’y avait, de plus, aucune couche de nitrate sur le sol du box. ??????
- conformément à l'esprit de la méthode d'analyse déductive, ils ?? retiennent parmi les éléments à prendre en considération pour retenir cette piste d'une part, le caractère "incontrôlé" de la dernière benne, à l'inverse d'autres entrées qualifiées, elles de "bien contrôlées" et d'autre part, la proximité entre le déversement de la benne litigieuse et l'explosion du tas de nitrate : si cela peut paraître non essentiel, il convient de souligner que nous sommes là en lien direct avec l'état de la connaissance du NA , que maîtrise parfaitement la CEI : la stabilité de ce produit, la lenteur (relative) de sa décomposition avant de pouvoir produire un emballement d'ordre détonique si une décomposition non explosive peut précéder une détonation, une telle détonation n’a pas besoin d’un tel préalable pour s’amorcer, si on peut effectivement dire que le produit est stable et que sa décomposition (dans des conditions à préciser toutefois) est lente, rien ne permet de la mettre en relation avec un emballement d’ordre détonique si on ne précise pas les conditions qui permettraient d’y arriver dont nul n'a observé en l'espèce les manifestations spécifiques (très abondantes fumées rousses) conduit logiquement à s'intéresser à une initiation impliquant un événement très proche de celui de l'explosion. Je ne vois là aucun lien logique. Cet argument bidon n’a pas d’autre objet que de tenter de justifier le refus de regarder ailleurs.
Ces éléments attestent qu'à cette date, la CEI s'intéresse, conformément à la méthode de travail retenue, tout particulièrement à ce qui qu’il ne s'est pas passé comme d'habitude et qui est intervenu, compte tenu des caractéristiques du produit toujours le blabla. Ce qui a pu se passer «autrement que d’habitude » n’a rien à voir avec les caractéristiques des produits, peu de temps avant la catastrophe. La CEI a pourtant beaucoup parlé des témoignages précurseurs et des autres pistes à suivre, même dès son premier rapport. LE MONNYER feint de l’ignorer et ne met en avant que ce qui concerne la piste chimique. L’omerta sur les témoignages de ce juge partial se retrouve aussi dans ses choix sélectifs de chacun de ses chapitres.
II-3-2-4 : ses conclusions :
Le 18 mars 2002, la CEI adressait son rapport à la DRIRE ; de manière assez étonnante, ce qui était présenté en décembre, c'est à dire tout juste trois mois auparavant comme une hypothèse sérieuse de travail, nécessitant l'attention prioritaire de la commission, était écartée par la société GP, au mépris de la règle édictée par l'analyse déductive qui recommande de s'intéresser aux événements extraordinaires, au prétendu motif que "Du fait des témoignages recueillis et d'une reconstitution minutieuse et documentée des mouvements de produits mis en cause antérieurement, l'hypothèse d'une contamination involontaire par du DCCNA, susceptible d'être à l'origine de la catastrophe, est infondée" c’est vrai ! Mais la justification est maladroite comme pratiquement toutes les interventions de la CEI. C’est l’enchaînement réactionnel produisant du NCl3 atteignant une température suffisante pour détoner spontanément et induisant ainsi la détonation du nitrate qu’il aurait fallu mettre immédiatement en cause pour l’exclure en raison de son invraisemblance.
Le tribunal n'a retrouvé dans les scellés aucune reconstitution minutieuse ni documentée.
A l'inverse, et cela jette le trouble dans l'analyse de la réponse donnée par l'exploitant aux pouvoirs publics, le dossier révèle que des éléments susceptibles d'étayer la piste chimique étaient parvenus à la CEI La CEI n’avait certes pas besoin de ces « révélations ». N’oublions pas que c’est la CEI elle-même qui a fourni l’hypothèse de l’accident chimique aux experts judiciaires. . C'est ainsi que :
* d'une part les premiers résultats communiqués dès le mois de décembre 2001 par le laboratoire du CNRS de Poitiers confirmait ce que la littérature scientifique savait à savoir l'extrême incompatibilité du nitrate et du DCCNA en présence d'humidité, et la violence des réactions. L'avis communiqué dans le courant du mois de janvier 2002 par le laboratoire néerlandais TNO, va dans le même sens. Je redis que la réaction « nitrate, DCCNa, eau » est bien connue (sauf , au départ, des « experts » eux-mêmes). Il ne s’agit, en aucun cas, d’une réaction explosive par elle-même, comme l’allusion à la violence des réactions semble l’insinuer.
* d'autre part, l'étude approfondie et documentée menée par M. PEUDPIECE et deux salariés du groupe TOTAL dont les conclusions, loin de corroborer la parfaite maîtrise des procédures au niveau de la filière des déchets et de la gestion du bâtiment 335 révélaient bien au contraire les défaillances d'organisation à ce niveau qui concernaient directement l'entrée possible de dérivé chloré dans la chaîne causale.(scellé 5 JC - cote D 5816):
- "... à la lecture des deux procédures générales de l'usine concernant les déchets ENV/COM/2/05 et SEC/ENV/2/01, il ressort que la qualification des différents types de déchets n 'est pas homogène d'un document à 1 'autre... cette confusion se retrouve également dans la rédaction du contrat signé entre GP et Surca,

- la procédure ENV/COM/2/05 ne reprend pas le processus de valorisation du plastique, mis en place en avri1 2001 (en réalité bien avant). La présence et la gestion des bennes bleues situées en I0 et 18 ne sont pas mentionnées...

- aucune procédure ne mentionne le rôle du bâtiment demi-grand (335). Aucune procédure particulière ne précise le traitement des barges de mélem, l'élimination du sel caloporteur, de l'urée souillée, tous produits stockés au demi-grand. Il n 'en reste pas moins que le traitement de ces déchets doit suivre les instructions de la procédure générale SEC/ENV/2/01 (élimination des DIS) NB : 1 'affectation du bâtiment demi-grand au traitement de ces déchets n'est pas

précisée dans le contrat liant GP à Surca.

-l'employé de Surca a déclaré avoir récemment (discussion avec le chef des services généraux) et à sa propre initiative étendu la zone de collecte de la sacherie à recycler normalement limitée aux bennes 18 (urée) et IO (nitrates) à d 'autres secteurs de l'usine en particulier de la zone sud,

- la récupération de plastique avait commencé à titre de test dès mai 2000 si on considère le document remis par Forinserplast sur les enlèvements;

- Surca s 'était plainte à GP de la présence de produits dans certains sacs récupérés dans les bennes bleues.

- le GR VS vidé a dû être amené dans la benne verte sans être auparavant lavé, il aurait dû l'être avant d'être envoyé en classe 2;

- l'employé Surca avait demandé au contremaître de l'atelier de fabrication des colles l'autorisation de recycler les GR VS de mélamine. Ce dernier avait refusé. On a néanmoins retrouvé des GR VS de mélamine lors de 1 'inventaire de la sacherie...

- le point B5 du cahier des charges de TMG relatif aux ammonitrates précise que tous les ammonitrates souillés il faut savoir ce que l’on entend par « souillé ». Le seul fait de tomber sur le sol suffit à déclasser le produit. Cela ne signifie pas qu’il devient pour autant dangereux du silo 14 seront évacués dans une benne (en fait le godet du chouleur) vers le bâtiment 221, "
Les constats ainsi relevés par la CEI établissent la défaillance de l'exploitant relativement à son obligation de maîtrise de la filière des déchets alors même que cette filière (par le déversement de la benne litigieuse provenant d'un bâtiment consacré aux déchets dans le local de production qu'est le 221) était impliquée dans l'arbre des causes... En outre, il faut souligner que ce rapport était incomplet au regard des informations dont disposaient d'ores et déjà la CEI à cette date, telle celle fondamentale pour le tribunal que M. Mole ne contrôlait plus systématiquement le lavage des sacs, procédure pourtant prescrite par la documentation maîtrisée ainsi que l'intéressé "avec le temps et le travail étant fait correctement, il n'y a plus eu de contrôle régulier. Il est à noter que le personnel TMG a connu beaucoup de changements depuis mi 2000, le chef d'équipe restant en place ") et Mme ALBRESPY épouse CRUVELIER, ingénieur d'exploitation GP ("pas de contrôle systématique de lavage effectué par TMG (contrôle aléatoire).") l' avaient déclaré à la CEI (cote D 5811) : ainsi, la CEI avait des éléments déjà significatifs de l'imperfection de la maîtrise de la filière déchets : non respect de consignes, extension de la collecte de la sacherie usagée à tous les ateliers impliquant une réorganisation des services sans mise à jour des consignes internes, initiative prise par un salarié sous-traitant dépourvu de toute consigne de la part du donneur d'ordre, etc... La méthode qui consiste à charger la barque avec des éléments ponctuels divers issus de rapports de CEI et à ne pas tenir compte de la grande majorité restante est purement malhonnête et devrait, en l’occurrence, encourager toute entreprise à ne jamais amorcer la moindre CEI, vu les risques d’utilisation par des juges de procès malhonnêtes ou incompétents.
Au regard des éléments ayant conduit la commission à qualifier la piste chimique de prioritaire (entrée de produits "incontrôlée", proximité de cette entrée avec la catastrophe), et de ces deux informations complémentaires que le tribunal juge capitales pour une commission qui prétend rechercher la vérité et appliquer la méthode d'analyse déductive de l'arbre des causes, le rapport de mars 2002 qui est censé satisfaire à une obligation réglementaire d'informations est incohérent ; l'attitude que manifeste alors l'exploitant est en effet incompréhensible sauf à considérer qu'à cette date, la société grande Paroisse, dont on a appris à l'audience qu'elle bénéficiait depuis le premier jour des meilleurs conseils, ce que confirme le dossier (cote D 1134), a d'ores et déjà adopté un revirement dont elle ne se départira plus et que l'on pourrait résumer comme suit : je renonce à respecter mes obligations d'exploitant et d'industriel et je privilégie l'organisation de ma défense afin d'éviter que mes propres travaux puissent se retourner contre la société. Il est clair que le comportement de la CEI a été très peu professionnel et généralement bordélique. Mais l’interprétation, par LE MONNYER, de son revirement sur l’hypothèse chimique est parfaitement fausse (et il le sait !). La CEI n’a jamais été chargée de l’organisation de la défense et n’a jamais revendiqué ce rôle. Cette organisation relevait de la direction juridique dont j’ai déjà souligné la nullité et de SL, qui a fait moins bien qu’un avocat stagiaire commis d’office. La CEI, initialement en faveur de l’accident chimique, a été obligée de constater l’invraisemblance de cette hypothèse et, comme je l’ai déjà dit, de faire sienne la réfutation de Gérard HECQUET avant de le faire virer. La CEI n’est jamais allée au-delà et n’a, en aucun cas, préparé la défense des accusés puisqu’elle a toujours refusé de regarder là où il fallait regarder.


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