Extrait des minutes secrétariat greffe du Tribunal de grande instance de toulouse



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Le juge et les experts judiciaires ont volontairement exclus les notions de contemporanéité des événements sonores due au premier bruit et aux effets des ondes sismiques de surface sur le bâti de l’explosion d’AZF. L’expert Yves Grenier mandaté par Total, a confirmé et prouvé scientifiquement l’existence sur certains de ces enregistrements de plusieurs phases acoustiques différentes se chevauchant ou se suivant presque dans la même seconde. Ignorer ces aspects cruciaux relève de la forfaiture scientifique.
Les conclusions des experts judiciaires et du juge sont donc fausses.
-- II-3-3-6-3-2 : La contribution de M.COUDRIEAU
M. COUDRIEAU, ingénieur acousticien, fut missionné par la société SNPE pour étudier toutes les informations acoustiques disponibles qui permettraient de faciliter la compréhension des événements du 21 septembre 2001. Pour ce faire, il a notamment étudié les témoignages, analysés les signaux enregistrés et procédé à des mesures lors de la campagne de tirs en août 2004.
Après avoir énoncé les diverses interrogations posées par la problématique dite du double bang, il convient de souligner que ce scientifique prendra la précaution, dans son rapport de synthèse (cote D 6716) de souligner la complexité de la tâche en pointant quelques phénomènes physiques classiques, associés à la propagation des ondes :
- les réflexions sur les bâtiments ou sur les obstacles divers (Pech David)

- les réverbérations internes aux bâtiments

- les réflexions sur les couches basses de l'atmosphère

- la réfraction liée aux gradients de vitesses de vent et de températures

- les effets non linéaire liés à la détonation

- les variations des vitesses de propagation des ondes sismiques en fonction de la distance et de l'azimut.


Il y ajoute la question de la perception différente d'un même signal physique, liée à la physiologie de chaque être humain et le biais inévitable qui en découle sur l'estimation du temps.
Lors de sa déposition à l'audience, M. COUDRIEAU fera part de sa perplexité devant la très grande hétérogénéité des témoignages.
Il mentionnera également des travaux menés par le CETBT consécutivement à la catastrophe de Toulouse qui confirme l'extrême hétérogénéité de l'atmosphère dans une ville où les bâtiments vont jouer un rôle important dans la propagation des ondes acoustiques.
Au final et après avoir établi, à l'occasion d'expérimentations menés lors de la campagne de tirs de 2004 la production d'un signal sonore perceptible à l'oreille humaine au passage de l'onde sismique, lors de tirs de 35 kg enterrés, ce professionnel retient l'idée que les signaux de qualité enregistrés sur 5 sites permettent de retenir que l'hypothèse d'une seule explosion (onde sismique + onde acoustique) est fortement probable et qu'on ne peut exclure à 100% la possibilité d'une explosion antérieure.
M Coudrieau a été incapable de montrer que les ondes sismiques pouvaient générer des fréquences audibles pour un bang comme le fut le bang de 2001. Il a utilisé lors de son exposé au procès un enregistrement de ce son au chevet de l’explosion souterraine provoquée, le montrant comme extrêmement sourd, grave et très faible, et donc très proche des bruits de grondements connu lors des séismes et absolument pas avec des fréquences élevées typiques des bangs. Le juge fait preuve là aussi d’autant de partialité que de bêtise technique.
M. COUDRIEAU a souligné la grande hétérogénéité du milieu où se propage les ondes acoustiques, la complexité des phénomènes et considèrent que les signaux complémentaires entendus par les témoins peuvent être liés aux destructions associées (effet missile), à des phénomènes de propagation des ondes acoustiques soit des réflexions pour les plus proches du cratère (exemple colline de Pech David) soit des réfractions sur les couches de l'atmosphère pour les plus éloignés (Blagnac). M. Coudriau a même osé lors de son exposé affirmer que les couches de nuages pouvaient expliquer l’arrivée anticipée du bruit de l’explosion d’AZF par un écho… et par là même le premier bang perçu par des témoins très éloignés. Les vitesses et la direction du vent en altitude ne permettaient absolument pas une telle accélération de ce bruit. M. Coudriau est un vrai charlatan qui n’a de plus jamais cherché à démontrer ces affirmations originales.

Il a aussi réalisé un diagramme des délais entre explosions attribués selon la distance des témoins au cratère. Ce diagramme a calé en abscisse la distance sous une forme non linéaire, uniquement basée sur une quantité cumulative de témoignages et non sur une vrai distance donnant un effet amplificateur du délais en fonction de la distance absolument pas réel. Là aussi, il s’agit de l’œuvre d’un pur charlatan qui aurait dû être déjugé depuis longtemps.
II-3-3-6-3-3 : l'analyse des techniciens de la défense :
L'examen des rapports rédigés par les spécialistes missionnés par la défense sur la question du "double bang" et de l'analyse des enregistrements révèle de manière très claire que tant M. PHEULPIN, expert judiciaire de renommée nationale, que M. NAYLOR, expert britannique et M. GRENIER s'accordaient initialement et avant la mise en œuvre de la campagne de tirs pour concéder que l'espace temps ?? séparant les deux signaux sonores enregistrés sur les 4 ou 5 enregistrements mis à leur dispositions ??, selon le moment, étaient fort différents en fonction de l'éloignement de la source : de 6 secondes à 10 secondes ; il paraît utile de souligner ce point qui vient en contradiction avec les affirmations péremptoires du témoin/technicien de la défense, M. DOMENECH alléguant que l'analyse des témoignages révélerait un espace temps entre les deux explosions de l'ordre de 6 secondes. Il ne fallait pas rater Domenech ! José Domenech a donné une fourchette également et n’est donc pas du tout en contradiction. Ce commentaire est donc purement gratuit et diffamatoire. On pourrait même se demander devant de telles contradictions au sein même du staff technique de Total, comment la défense aurait pu laisser s’exprimer José DOMENECH avec autant d’insouciance. Tout ces dires du juge contre José DOMENECH ne sont que des mensonges.
M. PHEULPIN en avait déduit que la compatibilité de ces différents enregistrements trouvaient une explication soit dans le fait de l'existence d'une seule source correspondant à l'explosion du nitrate stocké dans le bâtiment 221 conforme à l'hypothèse émise par Mme Souriau, soit à une source aérienne se situant à distance du cratère, plusieurs kilomètres au nord-est, ce qu'il n'était pas en mesure de raccrocher à un phénomène connu.
La campagne de tir réalisée en 2004 par les experts judiciaires avec le concours de la SA TOTAL allait permettre de préciser ces questions d'une très grande complexité puisqu'impliquant non seulement l'hétérogénéité du sous sol mais également l'inhomogénéité de la propagation de l'onde sonore dans un milieu aussi divers que celui d'une ville ainsi que M. COUDRIEAU, technicien missionné par la société SNPE l'a clairement rappelé lors de sa déposition. Ce point avait été également souligné dans un de ses rapports par M. GRENIER.
M. GRENIER allait considérablement évoluer au cours de l'information judiciaire rendant difficile le travail d'analyse de ces travaux. Lors de l'audience, le tribunal ne parvenait pas à obtenir de l'intéressé qu'il présente, dans la continuité l'ensemble de ses travaux ce qui aurait eu le mérite d'éclairer le tribunal sur les raisons l'ayant amené à ces évolutions :
- dans un premier rapport, ce professeur d'acoustique relevait un écart corrigé des arrivées de signaux sur 5 enregistrements entre 6,280 et 10,267 s ; à supposer que le premier signal soit identique sur chacun des enregistrements, il considérait que la source se situerait à 3590 m d'altitude, 2167 m à l'est et 1680 m.
S'agissant de l'explication sismique, à une époque où l'on ne disposait d'aucun élément permettant d'apprécier la vitesse de déplacement de celle-ci mais simplement de vitesse théorique, M. Grenier relevait une certaine dispersion des vitesses d'onde et des intervalles de confiance qui ne se recouvrait pas entre les différents enregistrements ce qui, selon lui, plaidait en faveur du rejet de cette hypothèse.
Il convient de relever que dans ce premier rapport M. GRENIER concédait l'hétérogénéité de la propagation des propriétés acoustiques en fonction des différents lieux (cote D 4300 page 94/111) :
"Les signaux reçus sur les positions d'enregistrement se sont propagés depuis le point où ils ont été émis, par un trajet aérien dont la longueur varie entre 2600 m et 4900 m. La propagation s'est faite dans une zone urbaine, et les positions d'enregistrement n'étaient pas en vue directe du point d'émission. Par conséquent, les signaux qui y sont parvenus étaient des mélanges très compliqués de multitudes de répliques du signal d'origine, atténuées et déphasées, à la suite des nombreuses réflexion et diffractions subies par les ondes sonores... De plus chaque signal est reçu dans un lieu dont les propriétés acoustiques sont spécifiques. Chacun des locaux où le signal est reçu agit comme un filtre dont la réponse impulsionnelle est très longue: pour une salle de conférence, il n'est pas rare de voir la longueur de la réponse dépasser la demi-seconde.
Postérieurement à la campagne de tirs qui a permis d'établir les vitesses de propagation des ondes en fonction des lieux d'enregistrement à cette époque connue, M. Grenier allait établir un nouveau rapport ;on peut y lire que l'intéressé relève qu'à AF, ED, HD et RP, il y a pratiquement coïncidence entre l'arrivée des ondes sismiques et acoustiques. Il précise en page 51 de son 2° rapport :
"Ces tableaux éclairent vivement la question «l'événement El manifestait-il l'arrivée de l'onde sismique associée à l'explosion E2 par propagation souterraine, ou bien a-t-elle une autre cause acoustique par propagation aérienne ?
La réponse est double:
. d'une part à AF, ED, HD et RP, les deux arrivées ont été presque simultanées, la première onde sismique précédant le son aérien de 1 à. 4 dixièmes de seconde, tandis que la seconde onde sismique suivait le son aérien d'au plus 3 dixièmes de secondes,

. d'autre part à BL, l'onde sismique était arrivée depuis environ 17 s quand l'événement El a été entendu; avec un tel écart, il n’y a plus aucune ambiguïté sur l'existence d'un événement sonore El distinct de l'onde sismique induite par E2."
Dans ce rapport, l'élément nouveau est l'enregistrement de Blagnac dont tout le monde s'accorde à considérer que le premier son est plus fort que le second... compte tenu de l'éloignement séparant l'aéroport de l'épicentre, et cet enregistrement ne débutant que 12 secondes avant le premier son, l'arrivée de l'onde sismique sur ce site, à supposer que ses effets en soient perceptibles, ce dont doute M. COUDRIEAU, compte tenu de la distance, était antérieure à ce début d'enregistrement ; en d'autres termes, le premier signal enregistré est nécessairement celui de l'onde acoustique de l'explosion.
Alors comment analyser le second signal enregistré sur ce site ? Les experts judiciaires proposent un éventuel écho ayant percuté la colline de Pech David ; cette proposition ne convainc pas les sachants de la défense... M. COUDRIEAU en propose une autre, non examinée par MM. GRENIER et NAYLOR, c'est la question de la réflection sur les couches basses de l' atmosphère.
A ce sujet, M. Grenier n'hésitera pas à se contredire à quelques pages d'intervalle:
- c'est ainsi qu'il indiquera en page 42 (on y relève la prudence sage de M. Grenier, sur ce que peut apporter sa science de l'acoustique) :

"L'étude de la propagation aérienne à plusieurs Kilomètres de distance a été très peu faite par les chercheurs. On sait cependant qu'un gradient vertical de température ou de vitesse du vent induit des déformations des fronts d'onde, ou pour parler de manière plus imagée, une propagation du son qui s'écarte de la ligne droite... Dans une atmosphère réelle, le gradient n'est pas uniforme. Dans un schéma d'inversion de température, observé fréquemment le matin (les relevés météo du 21 septembre 2001 indiquent que cette situation était probable), on peut combiner les deux types de propagation, avec des trajectoires courbées vers le haut dans certaines altitudes, et vers le bas à d'autres altitudes. La présence de régions non insonifiées (shadow région) explique qu'à certaines distances de la source, le son puisse être reçue de manière très atténuée, alors qu'à des distances éventuellement supérieures, l'atténuation sera moindre.

Au moment de l'explosion, il est probable que se trouvaient présents à la fois des gradients verticaux non uniformes de température, des gradients verticaux de vent, mais aussi des gradients horizontaux, liés aux températures au sol (différente dans les zones urbaines, au dessus de la GARONNE, et dans les zones de parc ou de végétation). Il est donc totalement impossible de simuler ces effets compte tenu du grand nombre de paramètres pouvant intervenir, et qui sont non mesurables."
Après avoir indiqué que la simulation était totalement impossible, le même M. GRENIER proposait en page 52 que des études complémentaires soient menées avec un modèle d'atmosphère plus réaliste, modèle dont il a fait état à l'audience pour nous présenter de nouvelles vitesses de propagation de l'onde aérienne :
On se trouve dans cette situation peu banale où cet éminent scientifique, après avoir observé qu'une vitesse unique ne permettait pas de valider l'hypothèse sismique pour expliquer le "double bang" se trouve apparemment embarrassé, une fois la campagne sismique réalisée en 2004, laquelle contre toute attente de sa part, permet de déterminer pour chacun des points d'enregistrement la vitesse de propagation des ondes sismiques à partir du cratère et signe la concordance du passage de ces ondes avec le premier signal enregistré.
L’exploration de M.Grenier est beaucoup plus poussée que celle des autres experts qui ont évacué tous les enregistrements qui les dérangeaient comme Blagnac et Purpan et qui n’ont même pas cherché à détecter des phases sonores différentes même très proches. Le panel d’enregistrement est très faible… là aussi on peut s’en étonner vu les possibilités offertes par la justice pour en trouver.
Contraint dans un deuxième temps de constater une concordance parfaite entre l'arrivée des ondes sismiques et le premier signal enregistré et bien qu'il ait indiqué qu'il était totalement impossible de simuler les effets des gradients, l'impossible n'est pas absolu (pour ne pas dire Total)... puisque M. Grenier fait état d'une telle simulation qui lui permet de "corriger" la vitesse de propagation de l'onde aérienne et de parvenir à cet exploit qu'il n'y a plus en avril 2009, par suite de son travail, de concordance entre l'arrivée des ondes sismiques et l'enregistrement des signaux.
Tout ce passage du juge est une complète déformation des propos de M. Grenier qui ne cherchait nullement à disqualifier les conclusions des experts judiciaires sur les tests de 2004 avec cette approche acoustique en atmosphère. M. Grenier a même parfaitement démontré que les enregistrements sonores comportait des phases d’origine sismique incompatibles à quelques 1/10ème près avec la phase acoustique également détectable sur ces enregistrements. Si M. Grenier n’a pas pu trouver de triangulation sonore c’est qu’il a bizarrement rejeté le premier bruit de l’enregistrement de l’Ecole Dentaire pourtant perceptible de manière légèrement plus importante que le second extrêmement faible. Ce simple nouveau choix permet de trianguler avec une bonne convergence avec 5 enregistrements sur 6, le 6ème (URSSAF) manquant de précision dans les vitesses d’enregistrement. La zone trouvée couvre essentiellement la SNPE.
Ce faisant, M. GRENIER ajoute une incertitude à une analyse qui avait pu être améliorée sur l'un des facteurs, consécutivement à la campagne de tirs de 2004, relativement aux vitesses d'ondes sismiques, au lieu d'appliquer, comme le font les experts judiciaires, ce qui paraît éminemment plus sage, une marge d'erreur sur les arrivées des ondes. Malgré l'incertitude de travaux de simulation, qu'il avait initialement présenté comme impossible à réaliser, et faisant abstraction de la complexité des phénomènes de propagation des ondes aériennes dans un milieu fortement hétérogène (Cf contribution de M. COUDRIEAU)..., il ose en tirer une conclusion qu'il présente comme certaine : il n'y a plus corrélation entre les passages des ondes sismiques dont on connaît localement les vitesses de propagation consécutivement à l'expertise sismique, et ceux de l'onde aérienne dont il a "corrigé" la vitesse...
On en revient à un élément constant dans ce dossier, c'est la limite de la science qui ne peut en dehors du milieu homogène et maîtrisé que constitue un laboratoire, expliquer de manière certaine l'ensemble des témoignages fragiles et des données enregistrées.
Dès lors, le tribunal n'est nullement convaincu par ce travail qui fait abstraction des imprécisions dont il est affecté et autorise ce scientifique à exclure catégoriquement l'explication des ondes sismiques, pour finalement en proposer une d'ordre surnaturel : un phénomène sonore se déplaçant à une vitesse supersonique au dessus de Toulouse, qui n'est pas enregistré par les radars de Toulouse, et dont l'origine serait une source, un élément non identifié et volant en direction du cratère, que nul n'aurait vu et qui n'aurait laissé, à supposer que ce phénomène sonore ait un lien avec la catastrophe, ce que M. Grenier s'abstient de faire, aucune trace.
Sauf à reconstituer grandeur nature l'explosion du 21 septembre, ce qui est inenvisageable, on ne peut disposer d'éléments de comparaison sur le déplacement de l'onde acoustique ; les experts judiciaires avaient donc travailler avec les données scientifiques connues sur ce point en retenant une marge d'erreur, positionnement prudent que le tribunal associe au travail d'un scientifique rigoureux qui ne peut disposer de l'ensemble des données...
A la lecture des rapports écrits de M. Grenier et suite à sa déposition devant le tribunal, il convient de relever de nombreuses contradictions et incohérences dans la démarche et un manque de prudence qui invalident son analyse laquelle semble établie pour les besoins de la cause et ne permet pas de lui accorder une quelconque valeur probante.
Les incohérences des experts judiciaires qui font fi des problèmes des fréquences sonores pour ces bruits, de la présence de plusieurs bruits précurseurs sur certains enregistrements, qui évacuent les enregistrements non-conformes à leur théorie sismo-acoustique, sont bien plus graves et grossières mais le juge est bien entendu incapable de les comprendre avec son niveau scientifique faible et surtout sa volonté systématique d’applaudir aveuglément tout travail des experts judiciaires quels qu’ils soient.
Lors de leur déposition ces techniciens vont invoquer un deuxième argument censé mettre à néant l'explication fournie par les experts judiciaires :
- l'analyse des signaux révélerait que le premier signal enregistré, qu'ils désignent sous le qualificatif de précurseur, ne présenterait pas la caractéristique "basse fréquence" d'une onde sonore de nature sismique, mais serait dans le registre des "hautes fréquences", aucune explication scientifique ne permettant de comprendre comment un son peut passer des basses aux hautes fréquences : curieusement cet acousticien que l'on présente au tribunal comme étant la référence nationale ne va à aucun moment tenter d'analyser, à supposer que cela soit possible ce que l'on entend par un signal sonore du passage d'une onde sismique ; au terme des débats, nous savons qu'il y a plusieurs natures d'onde sismique, nous comprenons au travers des études menées simultanément par M. COUDRIEAU et M. GRENIER lors de la campagne de tir en 2004 que la propagation de l'onde sismique va produire un son, même en extérieur, que M. COUDRIEAU nous a fait entendre ; ces études réalisées avec de simple tirs de 35 kg de TNT dans le sous sol venait confirmer les témoignages recueillis par le bureau national des tremblements de terre soulignant pour des tremblements de terre de magnitude équivalente à celle enregistrée à Toulouse le 21 septembre des sons allant du grondement au bang aérien en passant par le bruit du tonnerre : cela vient clore un débat que la défense a semblé vouloir initier en début de procès par le biais de la première déposition de M. DOMENECH. Les témoignages sonores des événements sismiques naturels n’ont aucun intérêt face au cas sismique d’AZF de magnitude 3.4 en milieu urbain. La comparaison avec des activités sismiques montagneuses d’origine souterraine impliquant des phénomènes géologiques et géophysique bien particuliers sans aucun rapport avec une explosion au sol, est une arnaque de première. La base de témoignages évoquée est un sondage à 4 choix multiples caractérisant les bruits perçus lors de séisme. Un de ces choix est bruit d’explosion, un autre est grondement. Aucun ne parle de bang de type aérien comme l’on pu mentionner un nombre énorme de témoignages du 21-9-2001. Les bruits sismiques ne sont nullement un mystère et leur gamme de fréquence est bien connue. Aucune étude sismique portant sur une explosion au sol n’a pu relever de tels phénomènes sonores. Le cas très similaire et encore plus intense d’Opau en 1921 n’a pas été capable de restituer le moindre témoignage d’une double perception d’explosion autre que celles clairement identifiées ce jour-là. Il est à noter que cet argument sur la base des témoignages du BCSF fut également utilisée pour contrer maladroitement l’article d’Alain Joets en 2009, article validé par l’Académie des Sciences. Il est également surprenant de voir que ces bases de témoignages ne sont pas remises en cause comme l’a été la fiabilité des témoignages dérangeants d’AZF… deux poids, deux mesures… on ne peut mieux faire. Et tout ceci avec l’aval du juge qui n’est pas choqué par ce parti pris.
Pour autant, on comprend au vu du faible nombre d'articles publiés sur le sujet que celui-ci intéressait peu la communauté scientifique avant la catastrophe... alors que perçoit-on ?
La simple vibration de la croûte terrestre soumise à l'ondulation provoquées par le phénomène sismique si l'on est en pleine nature, dont on a compris qu'elle serait d'intensité basse fréquence, où bien, les réverbérations de cette onde sur la construction du bâtiment où l'on se trouve ou des constructions environnantes, ce qui est de nature à induire de multiple paramètres liés à la construction (fondations, matériaux etc...) et entraîner des intensités différentes ?
Curieusement là encore, lors de sa présentation, M. GRENIER s'abstiendra de faire le moindre commentaire sur ce point alors même qu'il soulignait dans son rapport "qu 'il faudrait mesurer la réponse acoustique entre un point situé à l 'extérieur de chaque salle et le point exact où se situait le microphone... mais une telle expérience de faibles chances de réussir car il faudrait pouvoir reconstituer exactement le même environnement acoustique..."; comment peut-on dans un rapport, là encore souligner la difficulté d'analyser des signaux en milieu hétérogène méconnu avec de nombreux facteurs influant... et affirmer en conclusions que le niveau des fréquences exclut la signature sismique ?

Ce sont justement les cas sismiques connus qui permettent de faire cette différence. Le milieu urbain apporte donc une autre source sonore qui n’a rien à voir avec des ondes sonores transmises par le sol mais bien avec le bruit du bâti provoqué par les ondes sismiques de surface. L’essentiel de ces bruits à fréquence plus élevées que les bruits sismiques ne se retrouvent jamais en pleine nature… ceci est bien la preuve que Yves Grenier avait raison de remettre en cause les déductions sismo-acoustiques non démontrées des experts judiciaires.
Finalement les interrogations du tribunal trouvent partiellement un écho dans la présentation de M. NAYLOR, qui apporte un élément de réponse sur ce point : en effet, il relève sur un enregistrement l'apparition de hautes fréquences qu'il attribue aux bruits des bris de vitres antérieurement à l'arrivée des basses fréquences ; M. Grenier à une question du tribunal a concédé que l'on ne pouvait écarter l'idée d'une superposition de signaux qui pourraient expliquer ce léger décalage ;
Il paraît important de souligner, ce que ces témoins ne feront jamais spontanément lors de leur déposition, ce qui étonne le tribunal de la part de scientifiques, c'est que l'ensemble de ces enregistrements sont accomplis dans un milieu qui leur est propre (une salle de contrôle aérien, une salle de réunion etc...) qui n'exclut bien évidemment pas l'interaction non pas simplement du bâtiment, mais de la vie alentour... en d'autres termes si ces enregistrements sont fondamentaux pour la compréhension de ce qui s'est passé, encore convient-il, sans doute, les examiner avec une certaine prudence. L'observation donnée par M. NAYLOR sur les bris de vitres paraît convaincante, à savoir que s'agissant d'enregistrements opérés à l'intérieur de bâtiments, les hautes fréquences peuvent être associées non pas simplement à l'onde sismique mais aux effets que celle-ci provoquent sur le bâtiment (mouvement des structures, bris de vitres etc...) et dont on peut penser qu'en raison de la grande hétérogénéité des bâtiments, ils peuvent présenter selon les sources d'enregistrements des niveaux d'intensités différents les uns des autres... Et pourquoi donc se contenter alors de la seule version sismo-acoustique des experts et de ne pas étudier plus sérieusement tous les témoignages éloignés et très proches du cratère et les témoignages de personnes dehors loin de pollution sonore de proximité. Ces témoignages sont nombreux au dossier et confirment la bêtise de la thèse sismo-acoustique.

Le tribunal considère que l'humilité, la rigueur et la cohérence de l'analyse menée sur ce point par les experts judiciaires avec les autres éléments du dossier présentent davantage de valeur probante que ce qui s'apparente réellement à des acrobaties scientifiques. Ceci est d’une très grande mauvaise foi puisqu’au contraire les experts judiciaires ont tenu à privilégier une origine purement sismique aux bruits et donc à manquer complètement cette humilité évoquée. La défense est parfaitement en droit de soutenir qu'elle ne sait pas, qu'elle ne comprend pas et qu'elle est dans l'incapacité de donner une explication aux phénomènes inouïs qu'elle prétend avoir mis à jour par ce type de travaux... Le tribunal donne acte aux parties civiles de leur position sur ce point : il s'agirait soit de manœuvres de diversion tendant à égarer le tribunal et pan ! sur Kathleen BAUX, soit de la volonté d'attiser l'imagination et de donner matière aux tenants de la théorie du complot. L’évocation d’un bang précurseur relève donc de la « théorie du complot » selon ce juge LE MONNYER alors que la thèse même du « bang sismique d’AZF » présente de nombreuses incohérences et a de plus été réfutée par un article lui-même validé par l’Académie des Sciences en 2009 avant le procès. Le juge Le Monnyer ne fait ni plus ni moins qu’insulter cette Académie lorsqu’elle se complait à accorder un crédit scientifique qui dérange une thèse sismo-acoustique inédite et proposée 4 jours après l’explosion du 21-9-2001.


En revanche, le tribunal répond qu'il ne peut accorder le moindre crédit, quelles que soient la réputation, l'honorabilité et la compétence d'experts ou de scientifiques, à de tels travaux qui s'exonèrent d'une double obligation :
- l'obligation de prudence qui s'impose à tout scientifique qui ne maîtrise pas l'ensemble des données,

- l'obligation de cohérence.





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