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PREMIÈRE PARTIE : DU MONDE 
MUSULMAN MÉDIÉVAL AU MAROC : 
GÉNÉRALITÉS, PROBLÉMATIQUES 
ET ÉTAT DES RECHERCHES 
CHAPITRE
 
I.
 
L’EAU
 
DANS
 
LA
 
LITTÉRATURE
 
SAVANTE
 
MÉDIÉVALE
 
 
A- POUR UNE ARCHÉOLOGIE DE LA 
COSMOLOGIE OU RETOUR À LA THÉORIE 
DES QUATRE ÉLÉMENTS 
La réflexion historique est par essence complexe du moment où l’action de l'homme, centre 
de ce genre de recherche, trouve sa raison dans les différents champs qui interpellent l’être 
humain. Elle a besoin, alors, d'engager un travail qui fasse recours à diverses visions et qui 
multiplie les approches pour cerner le fait historique ou du moins, arriver simplement à sa 
compréhension. Car, toute vision fragmentée serait, dans les meilleurs des cas, une vision 
partiale, stérile et manquant forcément d'exactitude scientifique. Dans le domaine qui nous 
concerne, nous concevons qu'au-delà de l'archéologie de l'objet, du bâti ou des techniques, 
existe où doit exister une archéologie des mentalités, des savoirs et des cosmologies, qu'à côté 
d'une architecture ou d'un "design" hydraulique, il y a une architecture conceptuelle qui tend à 


 
la compréhension de l'univers, et qu'au revers de l'étude des monuments, existe une nécessité 
d'appréhender les systèmes de représentation qui ont caractérisé une époque. 
Une aussi large vision des choses pour l'époque médiévale permettrait, entre autre, d'accéder à 
la vie quotidienne, de cerner le système de la pensée médiévale, de réaliser ce que les savants 
de cette époque ont eu conscience de découvrir ou ont cru découvrir, et d'atteindre les 
éléments révélateurs de l'imaginaire de cette phase de l'histoire. De cette manière on 
contribuera, comme le rappelle Evelyne Patlagean, à faire à l’imaginaire d’une société sa 
place dans une étude globale
19
, et surtout que, comme le précise Malek Chebel, « l’imaginaire 
arabe n’a encore livré de sa structure que quelques fragments épars »
20
. Maurice Godelier 
avait, à son tour, attiré l'attention des chercheurs sur la nécessité d'étudier des systèmes de 
représentation que les individus se faisaient de leur environnement « puisque, dit-il, c'est à 
partir de ces représentations qu'ils agissent sur cet environnement »
21

Malgré certaines difficultés qui apparaissent lors de chaque tentative essayant d'amorcer une 
archéologie de la cosmologie d'une époque (difficultés qui peuvent nourrir les objections 
visant à discréditer ce genre de tentative), il n'est pas impossible de repérer - ce qui est 
d’ailleurs le propre travail d'un archéologue - l'arrière plan philosophique qui sous-tend, pour 
une époque déterminée, les différentes perceptions de l'univers et de ses éléments. De même, 
il est notoire que, la plupart du temps, les visions cosmogoniques dans la littérature savante 
sont dépassées par l'évidence et la banalité de la vie quotidienne de la plèbe (al-‘âmma). Mais 
nous ne savons pas en vertu de quoi on peut taxer d’insignifiance toute recherche dans ce 
domaine de connaissance historique, et pour quelle raison on s'obstinerait à le délaisser, sous 
des prétextes qui ne sont pas toujours convaincants. 
                                                 
19
 PATLAGEAN (E.), « L’histoire de l’imaginaire », in La nouvelle histoire, Jacques le Goff 
(dir.), Complexe, Paris, 1978, p. 309. 
20
 CHEBEL (M.), L’imaginaire arabo-musulman, Coll. Sociologie d’aujourd’hui, P.U.F, Paris, 
1993, p. 25. 
21
 EL-FAÏZ (M.), « L'apport des traités agronomiques hispano-arabes à l'histoire économique 
d'al-Andalus », in Ciencias de la naturaleza en al-Andalus, Textos y Estudios, éd. par. E. 
Garcia Sánchez, Consejo Superior de Investigaciones Científicas, Grenade, 1994, p. 414. 


 
En fait, toute réflexion historique qui se veut objective et sérieuse doit embrasser la réalité des 
faits historiques dans leur totalité. C'est le seul moyen d'échapper à la fragmentation et à la 
répétition. Car, il faut le dire, la vision partielle, quand elle n'est pas une méthode ou un choix 
délibéré du chercheur, devient un camouflage systématique qui peut rejeter bien des vérités 
dans l'anonymat le plus total. 
Quel que soit l'angle sous lequel on voudrait parler de l'eau à l'époque médiévale, il s'avère 
indispensable d'élargir le champ d'investigation, en fonction de la documentation accessible et 
de la curiosité personnelle, afin de comprendre le problème en sa claire profondeur. Dans ce 
sens, on ne peut qu’approuver, le passage de J. Bethemont où il dit que « quelles que soient la 
spécificité et la finalité d'une recherche centrée sur les problèmes de la maîtrise de l'eau, cette 
dernière ne peut être disjointe des autres éléments naturels ou culturels avec lesquels elle 
interfère dans le cadre de […] systèmes qui doivent être appréhendés de façon globale »
22

Il est vrai que la tendance à l'encyclopédisme des savants médiévaux et à ce qu'ils appelaient 
la "science universelle", nous oblige à glaner dans les différentes disciplines pour reconstituer 
la composition exacte de leurs perceptions des choses. Aussi, de peur d'être embrouillé à 
l'infini par tous les problèmes philosophiques débattus à l'époque sur l'univers et ses éléments, 
on s'efforcera de se limiter à l'essentiel de leurs réflexions. 
En philosophie islamique médiévale, aussi bien qu'en médecine, en pharmacopée et en 
alchimie, il apparaît d'emblée que les mêmes maximes conceptuelles alimentaient la logique 
interne de chacune de ces disciplines. En fait, ces différents savoirs progressaient ensemble 
grâce à la même fermentation cognitive de l'époque, et cela tout en se prêtant entre eux un 
mutuel secours. À l’amont, se trouvait un cadre théorique commun stipulant que l'univers se 
compose de quatre éléments : le Feu, l'Air, l'Eau et la Terre, et que, comme l'explique 
l'alchimiste Jâbir b. 
©
ayyân, au VIII
e
 siècle :  
« Leur origine se fit de façon suivante : lorsque les éléments primitifs (c'est-à-dire les qualités 
élémentaires) se furent mélangés et que chacun eut rejoint son centre, cela après avoir 
                                                 
22
 BETHEMONT(J.), « Sur les origines de l'agriculture hydraulique », in L'homme et l'eau en 
Méditerranée et en Proche-Orient : Aménagements hydrauliques, états et législation, F et J. 
Métral (dir.), Travaux de la Maison de l'Orient, 3, Lyon, 1982, p. 8. 




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