Extrait des minutes secrétariat greffe du Tribunal de grande instance de toulouse



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J’ai bien connu ce problème qui se posait déjà lorsque j’étais l’inspecteur général des usines du groupe CdF Chimie. Je rappelle que l’ONIA avait été installée dans une zone pratiquement inhabitée et que c’est l’incurie des élus locaux qui a permis à l’urbanisation de se développer de façon sauvage, jusqu’à enserrer le site chimique, pratiquement clôture contre clôture. Il est clair, toutefois, que la législation sur les études de danger n’existait pas à l’époque et que l’attribution des permis de construire a longtemps relevé, dans ce domaine, du simple bon sens. Depuis que la loi existe, des fonctionnaires zélés tentent de la faire appliquer de façon rétroactive et, comme il leur est impossible de remettre en cause les permis de construire indûment accordés, essaient de mettre la pression sur les industriels (lorsqu’ils ne sont pas intouchables, bien sur, comme l’était la SNPE). Il s’agit là d’un problème juridique majeur qui ne relève pas directement de la responsabilité du chef d’établissement et qui concerne bien d’autres sites que celui de Toulouse. Je ne cite ici que l’usine du Grand-Quevilly, plus importante que celle de Toulouse en matière de production et de stockage d’ammoniac et de nitrate, mais tout aussi enserrée qu’elle par l’urbanisation. Oui mais à Grand-Quevilly, il y a l’intouchable député et ancien premier ministre Laurent FABIUS, présent à Toulouse le matin de l’explosion, et du même « bord politique » que le juge Thomas LE MONNYER… alors chut !
Il faut également rappeler qu’un directeur d’usine ne peut se permettre d’ouvrir, sous sa responsabilité, un conflit majeur avec la DRIRE dont il relève. Vérot s’est donc comporté comme un parfait incapable en ne mobilisant pas les juristes d’ATOFINA ni les juristes du groupe Total et en donnant à Serge BIECHLIN des consignes parfaitement fantaisistes dans leur formulation.. Je ne vois pas en quoi ces insanités interviennent dans le problème de fonds.
Il est bien clair qu’il manquait à ATOFINA ainsi qu’au groupe TOTAL lui-même, en pleine crise de croissance, l’équivalent de l’inspecteur général des usines que je fus. Si un IGU Atofina avait existé, Serge BIECHLIN aurait pu s’adresser directement à lui et sensibiliser son président à des problèmes spécifiques que la hiérarchie intermédiaire ne comprenait pas.
Cela dit, on ne comprend pas ce que veut LE MONNYER en développant ce thème. Si Serge BIECHLIN était une marionnette irresponsable, pourquoi est-il accusé ? Non, uniquement un cumul de bonus pour justifier sa relaxe sans s’appuyer sur le fond.

- II-1-2-3-2 : l'exploitation :

S'agissant de l'organisation du travail, il peut être indiqué de manière générale, qu'au sein de l'usine de Toulouse, la société GP s'est recentrée sur ce qu'elle appelle "le cœur du métier", c'est à dire concrètement la fabrication des composés ou produits chimiques, déléguant à de nombreuses sociétés sous traitantes toute une série d'activités qui peuvent être très techniques (chaudronnerie industrielle, maintenance de certaines installations spécifiques, suivi des réseaux informatiques et de communications, etc.), transversales (entretien des installations industrielles, gestion des déchets), voire, pour certaines, communes à des services conservés par GP (telle la manutention). C’est, une fois de plus, du pur charabia. GRANDE PAROISSE n’avait évidemment aucune compétence en matière de chaudronnerie et personne ne peut comprendre s’il y a ici, ou non, divers types de chaudronneries en cause dont l’un ne serait pas industriel.



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Il ressort très clairement des débats qu'il ne s'agit pas d'un phénomène propre au secteur de la chimie, ni à la société GP, mais généralisé dans le monde industriel depuis de nombreuses années, ce qui a conduit les pouvoirs publics à adopter diverses dispositions réglementaires destinées à encadrer cette pratique, dont certaines seront renforcées consécutivement à la catastrophe de Toulouse.


La question d'un recours excessif aux entreprises extérieures mérite d'être posée quelles que soient les objections de la défense, dès lors que la chaîne causale retenue par l'acte de poursuite voit plusieurs entreprises extérieures impliquées dans le processus ayant conduit à la catastrophe. C’est toujours la même approche. Le problème du recours aux entreprises extérieures est légitime mais il n’est pas légitime de le qualifier a priori d’excessif. Le recours à la sous-traitance est non seulement possible mais encore réglementé par les pouvoirs publics : la justification industrielle mise en avant par l'industriel de recherches des compétences est parfaitement compréhensible à l'égard de métiers d'une grande complexité qu'un spécialiste de la chimie ne peut parfaitement maîtriser compte tenu de l'évolution des techniques, de la nécessité de faire appel à une main d’œuvre spécialisée ou à du matériel de haute technologie : il en est ainsi de la chaudronnerie industrielle encore ! le président est manifestement obsédé par cette activité à laquelle il n’a rien compris, de la maintenance de certains systèmes ou engins, de la gestion des réseaux numériques, etc... En revanche, il peut paraître plus étonnant de voir sur le même site des activités telle la simple manutention des expéditions, être simultanément confiées à des agents sous statut GP et d'autres sous statut TMG, laquelle recourt régulièrement à une société d'intérim, ADECCO: ni la technicité des métiers ni la professionnalisation des hommes et encore moins la spécificité du matériel, le dossier révélant que le chouleur JPB est mis à la disposition de l'entreprise extérieure par l'exploitant, ne semblent imposer une telle organisation. La décision de sous-traiter ne résulte pas seulement du désir d’accéder à des techniques que le donneur d’ordre ne maîtrise pas mais aussi de celui de faire exécuter des tâches simples par des entreprises non grevées par l’incidence des frais généraux considérables qui sont l’apanage des grands groupes industriels. Dès 1954, la propreté des centrales électriques et des usines des Houillères du Bassin de Lorraine était ainsi confiée à une ou plusieurs sociétés spécialisées dont le personnel, employé dans des conditions parfaitement légales, ne relevait pas du très dispendieux Statut du Mineur.
Par ailleurs, la lecture des procès-verbaux d'audition des personnels de la société GP et des entreprises extérieures révèle un certain cloisonnement du fonctionnement des ateliers, ce qui est parfaitement compréhensible eu égard à la technicité des emplois, à l'organisation de la fabrication et à la sécurité structurée au sein de chaque unité. C'est ainsi que de très nombreux salariés, jusques et y compris des salariés employés dans l'atelier de production des nitrates, qui alimentait directement le bâtiment 221, pouvaient ignorer plus ou moins la fonction assignée au 221.
Par souci de répondre à son obligation réglementaire de maîtrise et aux obligations qu'il a souscrites en sollicitant et obtenant la certification ISO 9002 pour l'ensemble de ses productions puis la certification ISO 14001, l'établissement a mis en place un fonds documentaire, appelé "documentation maîtrisée" qui édicte, ateliers par ateliers et pour chacun des services transversaux (sécurité, qualité...), le fonctionnement général de l'unité, les procédures d'exploitation, les consignes de sécurité. Il s'agit véritablement de la "bible" de l'usine. La bible de l’usine était sa technicité. La « documentation maîtrisée » était son catéchisme d’application.
D'une manière générale, la sécurité s'organise ainsi, ateliers par ateliers, alors que la nouvelle directive SEVESO 2 insiste également sur la notion d'établissement LE MONNYER a une véritable difficulté d’appréhension de ce qu’est, aux yeux de la loi, un établissement. Ce n’est pas SEVESO 2 qui a créé le concept et la nécessité d'avoir une vision globale du site afin notamment de vérifier la cohérence de la sécurité et de tenir compte des éventuelles connexions entre ateliers.
Un tel soucis de vision d’ensemble devrait même d’ailleurs s’appliquer aux enquêtes judiciaires qui ont ignoré complètement l’interaction avec les réseaux électriques très étendus d’EDF, les réseaux ferrés de la SNCF et des usines chimiques et les réseaux d’eau toulousains dont des nœuds importants se trouvent sur le pôle chimique. Idem avec les rôles des usines voisines en connexion industrielle. Et que dire de l’historique des plans de ce secteur depuis 1914 qui a été enfoui dans l’ignorance maximum au point de tout oublier de ce qu’il y a en-dessous de la surface couverte par la Grande Poudrerie de 1914-1918. On est loin d’avoir les barrières de sécurité géographiques pour tous ces cas !
Sur ce point, il est indiqué par la société GP que l'établissement, conscient de l'incompatibilité des nitrates et des dérivés chlorés, avait mis en œuvre une barrière organisationnelle destinée à empêcher tout croisement de ces produits et fondée pour l'essentiel sur l'éloignement géographique des ateliers : en l'absence d'écrit se prononçant explicitement sur cette question, jugée fondamentale par plusieurs parties civiles, le tribunal ne peut se prononcer sur le point de savoir si cette "barrière" est le fruit d'une réflexion préalable liée à la sécurité (réflexion qui aurait été menée au début des années 1970 par l'établissement public gérant alors le site) ou si elle n'était que la conséquence involontaire de choix éventuellement dictés par d'autres considérations (logique industrielle tendant à ne pas éloigner l'atelier d'acide cyanurique de celui produisant sa matière première, à savoir l'atelier d'urée c’est juridiquement ahurissant. Le problème du juge n’est pas de savoir si cette barrière existait mais de savoir si elle avait été créée pour de bonnes ou de mauvaises raisons. Nous sommes ici en plein dans la notion de délit d’intention qui n’existe dans aucun droit de pays civilisé ; éventuelle disponibilité de terrains au sud de l'usine dans les années 1970 lors de la construction de cet atelier, etc.). La disponibilité de terrains adaptés est évidemment l’un des critères du choix d’un site industriel pour y construire un nouvel atelier.
Cependant, on comprend des explications fournies sur ce point par la défense que cette barrière reposait sur différents éléments :
- une disposition spatiale des ateliers, qui sont distants l'un de l'autre d'environ 700 mètres ;

- une spécialisation des équipes et de certains services : au-delà de la sectorisation applicable à cet atelier comme aux autres s'agissant du personnel GP, une équipe de manutentionnaires de la société TMG est spécifiquement affectée aux ateliers sud de l'usine ; un plan de prévention a été par ailleurs spécifiquement établi pour cet atelier par le donneur d'ordre et l'entreprise extérieure; pour autant le tribunal s'interroge sur le point de savoir s'il s'agissait, dans l'esprit de GP, de tenir compte de la barrière organisationnelle comme prétendue ou, de manière beaucoup plus prosaïque, de faciliter la gestion comptable liée aux répartitions de charges imposées par la co-activité sur le site entre des productions GP et des productions ATOFINA en l'absence de pièces contractuelles liant les maison mère et fille, le tribunal ne peut se forger une véritable religion sur ce point. Cela continue ! La spécialisation et la prévention ne sont pas contestées mais elles auraient peut-être été mises en place pour de mauvaises raisons.

- le BCU, service commercial des productions ACD et RF, qui dépend directement d'ATOFINA, est distinct de celui de GP, qui se nomme RCU ;

- les ateliers sud ne dépendent pas de la sacherie située en partie nord de l'usine, mais disposent directement au sein des ateliers des sacs et GRVS nécessaires aux expéditions.


Comme on le verra ultérieurement cette barrière, dont on ne sait finalement au terme des débats si elle est le fruit d'une réflexion interne liée à la connaissance avérée de l'incompatibilité entre les productions des dérivés chlorés et les produits azotés, ou simplement opportuniste LE MONNYER tient essentiellement à son dada et invente le délit d’opportunisme, est en toute hypothèse imparfaite affirmation gratuite dans le fonctionnement quotidien de l'usine, et incomplète ; c'est ainsi que certaines activités tels le nettoyage industriel ou la collecte des déchets, confiées à des sociétés sous traitantes (respectivement la MIP et la SURCA) ne bénéficiaient pas de la même barrière organisationnelle de sorte que les hommes et les équipements (bennes notamment) passaient du Nord au Sud de l'usine en fonction des besoins des ateliers. C’est du délire ! Serge BIECHLIN lui-même passait du Nord au Sud : c’était évidemment la preuve de l’insuffisance de la barrière organisationnelle.

Et que dire des passages des rats, oiseaux et autres chiens errants du Nord au Sud dont aucune barrière n’avaient vraiment été imposée… et je ne parle pas des fumées et brouillards d’usine qui eux aussi parfois pouvaient ne pas respecter les barrières !
- II-1-2-3-3 : Le service sécurité :
Jusqu'au ler septembre 2001, date à laquelle il quitte ses fonctions pour être nommé chef des services techniques du site ATOFINA de LANNEMEZAN (65), Jean Paul GELBER est ingénieur de sécurité sur le site, précision faite qu'il n'est pas responsable de la sécurité puisque la responsabilité de chaque atelier est dévolue à son chef de service. Le tribunal patine toujours dans ses concepts. Il s’étonnait plus haut que les responsabilités de chef d’établissement ne soient pas subdéléguées. Il confond ici la responsabilité des exploitants dans la conduite de leurs ateliers avec la gestion administrative des problèmes de sécurité qui vont bien au delà des rapports avec la DRIRE En réalité, il résulte des débats et des déclarations de l'intéressé qu'entre l'organisation de sa prochaine affectation et ses congés annuels, il avait quitté l'établissement toulousain dès le début du mois de juillet 2001. Interlocuteur privilégié de la DRIRE, il intervient comme conseil animateur et gestionnaire des systèmes de management environnement et sécurité.
Le directeur de l'établissement assume provisoirement ces fonctions depuis son départ, dans l'attente de l'arrivée de son successeur prévue pour la fin du mois de septembre 2001. Cette phrase appartient à l’alinéa précédent Un chef de quart pompier, un électricien pompier et un surveillant pompier sont postés en continu. Les surveillants affectés au poste de garde situé au niveau de la porte A assurent le contrôle des entrées et des sorties du personnel, des visiteurs et des véhicules qui doivent tous être munis d'un badge d'accès. Il n'existe pas de surveillance particulière des bâtiments de l'usine, hormis des rondes de clôture je ne sais pas ce que cela veut dire au cours desquelles les agents ne pénètrent pas à l'intérieur des bâtiments.

Il est vrai qu’un site comme AZF était très mal surveillé et très mal protégé pour ce qui est des intrusions humaines. Comparés à d’autres grands site de secteurs « high-tech » avec d’immenses murs et des caméras partout (IBM, Motorola, Alcatel, etc…), AZF et même la SNPE et ses vieux barbelés, étaient des miséreux où il était relativement facile de se planquer, de stocker des explosifs, de préparer un mauvais coup… sans parler de l’accès hyper aisé par la Garonne… bref tout ce qui est favorable à la piste malveillante. Même les très grandes superficies des sites de VEOLIA sont entourés de détecteurs infrarouge tout le long des clôture. En entrant dans un de ces sites déserts, au bord de la Garonne, alors que le portail était à semi-ouvert, au bout de 5 minutes, une camionnette de VEOLIA vint de la ville et fila à toute allure derrière moi pour savoir ce que je faisais sur le site (je recherchais l’emplacement de l’ancienne cuve d’eau lourde militaire du site du domaine des Sables). Il suffit de demander aux pêcheurs de la Garonne le nombre de fois qu’ils ont tranquillement pêché dans le secteur des ballastières sur le terrain qui appartenait à AZF et qui était en communication directe avec l’usine.
Néanmoins, il a été plaidé par la défense que consécutivement à l'information, jugée tardive, mais reçue néanmoins avant la catastrophe par M. BIECHLIN. selon laquelle des mesures de sécurité renforcées avaient été ordonnées consécutivement aux événements du 11 septembre 2001 sur le site voisin de la SNPE, le directeur a pris diverses initiatives : La vérité est que la SNPE avait été placée sous Vigipirate rouge mais qu’aucune mesure administrative analogue n’avait été prise pour AZF. Serge BIECHLIN s’en était étonné auprès du Préfet Hubert FOURNIER sans provoquer de réaction de sa part.

- il réunit le 20 septembre l'ensemble du personnel d'encadrement afin de sensibiliser les salariés sur la vigilance dont il convient de faire preuve sur le site,

- il fait vérifier l'intégrité de la clôture de ce site SEVESO 2, ce qui fut fait le matin même du 21 septembre, sans qu'aucune ouverture suspecte n'y soit décelée;

- il requiert des rondes plus fréquentes sur le site ;

- enfin il ordonne que des mesures de contrôles renforcées soient prises à l'entrée du site et ce dès la veille de la catastrophe ; selon M. Le GOFF, chef de quart au SIS, celui-ci s'est assuré personnellement, le matin même de la catastrophe, du respect de ces consignes.

Conclusion non formulée : là, comme ailleurs, Serge BIECHLIN faisait parfaitement bien son travail. (encore des bonus donnés par le juge à Serge BIECHLIN)
II-1-2-4 : Les obligations réglementaires :

L'usine, qui est tout à la fois une installation classée pour l'environnement et un site SEVESO, est soumise à une double réglementation qui se complète l'une l'autre : à deux réglementations distinctes qui se complètent l’une l’autre


- l'une, nationale, est issue de la loi du 19 juillet 1976 qui réforma le précédent texte de 1917 relatif aux établissements dangereux, insalubres ou incommodes. La loi, qui vise désormais les installations classées pour la protection de l'environnement (ICPE), s'applique aux établissements dont l'activité est recensée dans une nomenclature, fixée par décret en Conseil d'Etat, selon un double régime qui soumet les installations à autorisation ou à simple déclaration suivant la gravité des dangers ou des inconvénients que peut présenter leur exploitation. Le texte précise que l'autorisation ne peut être accordée que si les dangers peuvent être prévenus par des mesures spécifiées par un arrêté préfectoral ;


  • l'autre, est issue de la transposition en droit interne des directives communautaires, dites SEVESO.

Pour les installations présentant des risques d'accident majeurs, la directive SEVESO 1 du 24 juin 1982 exigeait des exploitants la réalisation d'études de danger, l'organisation d'inspections et l'information du public sur la conduite à tenir en cas d'accident. La directive SEVESO 2 du 9 décembre 1996, dont les dispositions ont été transposées en droit français par un décret du 20 mars 2000 et un arrêté ministériel du 10 mai 2000, a renforcé ce dispositif ; elle prévoit notamment en outre :


- la mise en place d'un système de gestion de la sécurité qu'il convient d'apprécier au niveau de l'établissement et non plus simplement, par le biais des études de danger, installation par installation,

- un réexamen des études de danger tous les 5 ans,

- l'information des pouvoirs publics en cas d'accident et d'incident,

- la mise en place de plans d'urgence,

- et la maîtrise de l'urbanisation.
Compte tenu de ses activités, de ses niveaux de production et de stockage, l'usine de Toulouse était classée "SEVESO 2, seuil haut".
- II-1-2-4-1 : l'arrêté préfectoral d'autorisation :
Installation classée pour au titre de la protection de l'environnement, l'usine Grande Paroisse est soumise à autorisation. Précédemment réglementée par un arrêté préfectoral du 12 février 1996 complété par un arrêté du 9 septembre 1998 qui faisait suite à une importante fuite d'ammoniac, l'usine est, au jour de la catastrophe, réglementée par un arrêté du 18 octobre 2000, qui a été pris, à l'issue d'une procédure d'enquête publique, comme suite de à la demande présentée par l'exploitant en 1999 pour étendre ses capacités de production d'ammoniac, urée et acide nitrique mais sans extension de ses capacités de stockage.

A cet arrêté codificatif langue française SVP : codificateur est joint un ensemble complet de prescriptions techniques reprenant et actualisant l'ensemble des dispositions réglementaires applicables à l'établissement : de manière générale ces prescriptions visent à préciser par ateliers de fabrication et zone de stockage, des conditions d'exploitation relativement précises sur les quantités de produits fabriqués ou utilisés, certaines conditions d'emploi, des moyens de sécurité à mettre en œuvre, etc...

La police des installations classées est assurée par la DRIRE la DRIRE n’est chargée d’aucune mission de police; cette administration est chargée tout à la fois de préparer les arrêtés préfectoraux et d'en assurer le respect en procédant régulièrement à des inspections et en analysant les études diligentées par l'exploitant pour satisfaire aux dispositions communautaires ou réglementaires. Cette législation est complétée par le dispositif communautaire.
- II-1-2-4-2 : les études de dangers :
Comme le plaide justement la défense, l'étude de dangers constitue le pilier de la sécurité et de la maîtrise des risques au sein d'un établissement classé.

Aux termes de l'arrêté du 10 mai 2000, les études de dangers décrivent notamment "les mesures d'ordre technique propre à réduire la probabilité et les effets des accidents majeurs ainsi que les mesures d'organisation et de gestion pertinentes pour la prévention de ces accidents et la réduction de leurs effets."


La circulaire relative à la prévention des accidents majeurs, en date du même jour, rappelle que "l'analyse des accidents majeurs survenus dans un passé proche a souvent mis en relief la place des dysfonctionnements de nature organisationnelle dans l'origine et le déroulement des accidents. Les dispositions de nature organisationnelle ont pour but tant de minimiser les risques de tels accidents majeurs que d'en limiter les conséquences. Elles doivent donc permettre aux exploitants de garantir, de maintenir et de faire progresser le niveau de sécurité des installations... Elles n'auraient souvent aucun sens au niveau de chacune des installations prise isolément et la cohérence à l’échelle de l'établissement ne serait en outre pas nécessairement assurée."
S'agissant de l'usine Grande Paroisse, de 1983 à 1998, sous l'égide de la directive SEVESO I, neuf études de dangers concernant le site avaient été effectuées, correspondant aux différents types de fabrication ou à des conditions de stockage (cotes D 610, D 4497 et D 4500), en l'occurrence :
- la synthèse, la mise en œuvre et le stockage cryogénique de l'ammoniac, cryogénique veut dire « qui engendre du froid ». Le principal stockage d’ammoniac du site était un stockage froid à environ –33°C, en équilibre avec la pression atmosphérique, mais il n’était pas cryogénique.

- le dépotage confiné de chlore, un dépotage « confiné » n’a aucun sens.

- le stockage en vrac d'ammonitrate (NAA) concernant le bâtiment I4,

- le stockage de méthanol,

- le stockage et la fabrication de formol,

- le stockage de phénol, d’où sort-il subitement celui là ? Fabriquait-on des résines formophénolique sur le site ?

- et le stockage des produits chlorés.
Les deux études de danger qui nous intéressent plus particulièrement pour apprécier les faits reprochés aux prévenus sont l'étude de dangers concernant le stockage d'ammonitrate au I4 il s’agit de nitrate commercial qui n’a jamais été impliqué dans le processus catastrophique, même s'il convient de préciser que les nitrates déclassés ne présentent pas les mêmes caractéristiques que les ammonitrates conformes à la norme NFU 42001 (scellé n° MAILLOT 1), étude réalisée en 1990 et révisée en 1995, et celle concernant le stockage de produits chlorés (scellé n° JPB 182) révisée en mai 2000. Par suite de la réforme de la directive SEVESO 2, le bâtiment 221, siège de l'explosion, aurait dû faire l'objet, antérieurement à la catastrophe, d'une étude de Midi Pyrénées avait, conformément à des instructions ministérielles, élaboré un calendrier et laissé à l'exploitant jusqu'à la fin de l'année 2001 pour établir ce rapport. L'exploitant soutient que ce retard est à mettre sur le compte des pouvoirs publics qui n'ont pas été en mesure de transposer la directive SEVESO 2 dans un délai raisonnable et qui, conscients de leur responsabilité et de l'incapacité matérielle, tant pour les industriels que pour les inspecteurs des installations classées, de traiter le nombre considérable d'études de dangers à réaliser par suite de la réforme, avaient convenu ce calendrier que GP était en mesure de respecter ; cette argumentation n'est pas complètement convaincante l’administration responsable avait-elle accordé ce délai, oui ou non ? quand on observe que, s'agissant du système général de sécurité, l'établissement GP de Toulouse fut en mesure d'anticiper la transposition de la directive et le formalisera dès l'été 2000. Compte tenu de l'ampleur de la dévastation des bureaux du service des nitrates et par suite du décès de M. Mauzac, chargé de la rédiger, Grande Paroisse était dans l'incapacité de pouvoir justifier de l'état d'avancement de cette étude.

La défense affirme qu'en l'état des connaissances scientifiques et industrielles, lesquelles n'avaient pas évoluées depuis 1995, date de renouvellement de l'étude de dangers concernant le stockage en vrac de l'ammonitrate à I4, et compte tenu de l'organisation des services, l'établissement de cette étude n'aurait rien changé aux conditions de stockage des nitrates déclassés dans le bâtiment 221. La société Grande Paroisse soutient en effet que les conditions d'exploitation de ce bâtiment étaient parfaites et complètes.


Le tribunal ne partage pas cette analyse de l'exploitant, et ce pour quatre raisons majeures :
- en premier lieu, et contrairement à ce qui est indiqué à de multiples reprises dans l'étude de danger concernant le bâtiment I4, les produits stockés dans le 221 ne sont pas conformes à la norme NFU 42001; ils ne sont pas soumis au test de détonabilité et, ainsi qu'on le verra ultérieurement, ils présentent une aptitude à la détonation plus forte que les engrais stockés au bâtiment I4... il n'aurait donc pas pu y être soutenu, comme il était indiqué dans cette étude de danger que les nitrates ne présentaient pas de risque objectif de détonation ; l'aptitude à la détonation de NAI et de "fines" de NAA ne répondant pas aux normes internes de granulométrie était bien plus importante que l'ammonitrate : de nombreux développements sur la très faible occurrence du risque détonation n'auraient pu être tenus par l'exploitant (scellé MAILLOT 1 page 10) ; le test de détonabilité a été imposé à l’ammonitrate commercial (ou NAA) à la demande des transporteurs et principalement des transporteur maritimes. Il est vrai que le NAI granulé demande une énergie d’amorçage un peu plus faible que le NAA, mais un peu plus faible seulement. De mon temps le NAI élaboré à Toulouse était vendu sous le label «  Nitrate Étiquette Orange » et il était transporté loin, notamment par bateau. Il ne subissait pas de test de détonabilité particulier avant chaque expédition. Il est encore vrai que les fines d’ammonitrates demandent une énergie d’amorçage un peu plus faible que le NAA correctement granulé et que les fines de NAI demandent une énergie d’amorçage un peu plus faible que NAI correctement granulé. Mais tous les NAA d’origines différentes ne demandent pas exactement non plus la même énergie d’amorçage selon la façon dont ils sont élaborés.


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