Extrait des minutes secrétariat greffe du Tribunal de grande instance de toulouse



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Il faut noter que les affirmations du Procureur dès le 24 septembre 2001 sur les certitudes accidentelles à 99% pourraient être basées sur une investigation des experts judiciaires et de la police encore plus performantes que les actes de la CEI eux-mêmes, comme s’il fallait aller plus vite que la CEI pour annoncer ses conclusions !
La CEI communiquera à la direction régionale de l'industrie, de la recherche et de l'emploi de Midi-Pyrénées (DRIRE) deux rapports l'informant de l'état de ses investigations, en mars et novembre 2002.
-- II-1-1-4-1-3 : l'enquête administrative :
Le 22 septembre 2001, M. Le Ministre de l'aménagement du territoire et de l'environnement confiait à l'inspection générale de l'environnement (ci-après IGE) une mission d 'inspection des circonstances de cet accident à charge notamment pour la mission de s’attacher à comprendre la genèse de l'événement en remontant à toutes les causes techniques, organisationnelles et humaines, en analysant les moyens de prévention mis en œuvre par 1 'exploitant et 1 'efficacité du contrôle exercé par 1 'inspection des installations classées, mais en accordant un délai d'un mois seulement pour déposer le rapport. Cette réaction immédiate du ministre était tout à son honneur. L’omerta proclamée précipitamment la veille, par le directeur du cabinet du Premier ministre, en direction des administrations concernées et des médias n’avait pas encore été notifiée aux membres du gouvernement autres que le Ministre de la défense.
Cette mission était confiée à MM. BARTHÉLÉMY, ingénieur général des mines, HORNUS, ingénieur en chef des ponts et chaussées et ROUSSOT, contrôleur général des armées, tous trois membres de l'IGE ainsi que M. HUFSCHMITT, ingénieur en chef de l'armement et M. RAFFOUX, directeur scientifique de l'INERIS, organisme public spécialisé dans le domaine du risque industriel. Ils remettaient leur rapport sur la catastrophe de l'usine AZF le 24 octobre 2001. A ce rapport étaient jointes diverses contributions techniques de l'INERIS.
La DRIRE participera à une partie des investigations menées par l'IGE, en assistant à certaines auditions de témoins. Elle établira une note le 30 janvier 2002 relative au respect des prescriptions édictées par l'arrêté préfectoral du 18 octobre 2000 (cote D 2211).
-- II-1-1-4-1-4 : l'enquête de l'inspection du travail :
Dès le 21 septembre, M. le directeur départemental du travail confiait à Mmes GRACIET, inspectrice du travail, et FOURNIE, ingénieur de prévention à la DRTEPF de Midi-Pyrénées, le soin de diligenter une enquête. En introduction à leur rapport, en date du 21 mars 2002, le directeur départemental rappelait que l'explosion de l'usine AZF est était d'abord un accident du travail d'une ampleur exceptionnelle, dimension qui a pu être occultée par la catastrophe urbaine sans précédent qui en a également découlé. Il précisait qu'il s'est agi s’agissait d'une enquête sur le processus générateur de l'accident au croisement d'une double logique : d'une part la technologie et d'autre part l'organisation réelle du travail industriel. Au vu de ce rapport, un réquisitoire supplétif était délivré au juge d'instruction des chefs de trois infractions au code du travail relevées par cette inspection (cote D 2258). Dès février 2002, la machine à mentir était définitivement lancée. L’inspection du travail, strictement incompétente sur le fond, était un bon outil pour servir ses objectifs.
-- II-1-1-4-1-5 : la mission d'enquête parlementaire :
L'Assemblée Nationale décidait la création d'une commission d'enquête parlementaire le 24 octobre 2001 ; cette mission déposait ses conclusions et propositions le 29 janvier 2002 (scellé n ° 34/cab). Comme ses conclusions, bien qu’influencées par le mensonge officiel, n’étaient pas suffisamment accusatoires, elles ne sont pas citées et seront définitivement enterrées. A noter une participation non négligeable du député Pierre Cohen, et actuel « big boss » du Grand Toulouse, à cette commission. Ce rapport parlementaire montre effectivement leur soin de souvent éviter de rentrer dans le jeu de l’accusation. On peut donc y voir une certaine prudence… la présence à sa tête de personnalités comme François Loos, ancien élève de classe préparatoire de Jean-Marie ARNAUDIES a pu éviter les dérives accusatoires que l’on a retrouvées très prononcées dans les syndicats CGT, CFDT et FO. Ce rapport parlementaire est aussi l’unique pièce officielle relative à AZF, qui montre que M. Fabius, Ministre de l’Economie à l’époque, est bien arrivé à Toulouse à Blagnac dans la demi-heure qui a encadré les événements… coïncidence qui n’a provoqué aucun contrôle supplémentaire, ni aucune mention officielle de ce Laurent Fabius alors qu’il a affirmé à des proches avoir vu depuis l’espace aérien le panache de fumées d’AZF. Son avion ministériel qui aurait atterri, selon lui, après la catastrophe à Francazal, est aussi un Objet Volant Non Identifié puisque toutes les investigations auprès de la DGAC et de Blagnac n’ont rien donné pour la plupart des vols.
-- II-1-1-4-1-6 : l'enquête du comité d'hygiène et de sécurité des conditions de travail :
Enfin ?? on dirait que l’on reproche au CHSCT de ne pas l’avoir fait plus tôt alors qu’il n’avait aucune obligation légale de le faire, le CHSCT créait une commission d'enquête. Le comité désignait M. BAGGI en qualité de rapporteur et décidait de s'adjoindre un cabinet conseils en la personne du CIDECOS pour mener à bien sa mission. Suite à la publication dans la presse du rapport du CIDECOS (cote D 2734) en date de septembre 2002, lequel concluait à un accident chimique, le CHSCT établira ses conclusions suivant rapport en date du 16/12/2003 (cote D 4023). Le CIDECOS, bien connu évidemment des lecteurs du jugement, n’a aucune qualification pour conclure à l’accident chimique, qui avait été inventé dans l’intervalle par l’expertise judiciaire, et qu’il a reçu comme mission d’entériner.
- II-1-1-4-2 : Les difficultés rencontrées par ces missions ou enquêtes :
Au delà des difficultés spécifiques que les policiers rencontreront telle la méconnaissance du monde industriel ou des produits fabriqués ou utilisés sur le site, le SRPJ n'ayant pas été assisté par un organisme du type de l'INERIS le SRPJ n’a demandé l’aide de personne et aurait pu bénéficier, de droit, de l’aide de la CEI qu’il a considérée, dès l’origine, comme une ennemie , chacune de ces enquêtes ou missions sera confrontée à des difficultés communes :
- l'ampleur de la catastrophe qui, par ses effets destructeurs rendaient délicate la découverte d'indices, surtout si on ne les cherchait pas ou qu’on les laissait détruire si on vous les présentait par hasard.

- la légitime et impérieuse priorité donnée aux secours ; ceux-ci emploieront ainsi dans les premières trente six heures des engins lourds de levage, modifieront l'état des lieux; les procédures à employer en pareil cas sont bien connues : observation et photographie des secteurs d’intervention, suivi des travaux, photographie des découvertes éventuelles A noter l’intervention des gros engins de Cassin TP pour créer un chemin de déblaiement complètement inutile donnant sur le cratère Nord-Ouest et ce dès 16h de l’après-midi… mais recouvrant exactement la grande trace évasée filmée par la gendarmerie à 13h45.

- l'impossibilité d'établir un gel de la "scène de crime" il s’agirait donc d’assassinats ?, laquelle, si on se place dans l'esprit de l'acte des poursuites, mais on l'apprendra tardivement, excédait très largement le périmètre du seul cratère et s'étendait au bâtiment 335 et à l'atelier ACD, on se moque de nous ! La « scène de crime » concernait tout le site chimique, y compris Tolochimie et la SNPE, d’autres installations industrielles telles que la SETMI et des postes électriques et s’étendait à des zones urbanisées où il aurait fallu immédiatement interroger des témoins à chaud

- la nécessité de garantir la sécurité des personnes présentes sur le terrain(secouristes, enquêteurs et personnels GP) au regard du risque initial ?? lié aux bâtiments menaçant ruine, puis à la nécessité de mettre en sécurité l'usine et à garantir le transfert des produits dangereux stockés en dehors du site, opérations qui seront menées sur instructions de la Préfecture et se prolongeront pendant plusieurs semaines, mobilisant jusque et y compris certains membres de la CEI ; cette exigence aura une réelle incidence sur le travail policier, plusieurs procès-verbaux faisant état du report d'actes (prélèvements ou perquisitions). Les instructions préfectorales ont, notamment, mis Serge BIECHLIN dans l’obligation d’évacuer sans délai ses stocks d’ammoniac, qui ne requerraient en rien une pareille urgence, sans lui donner la possibilité d’attendre le rétablissement d’une communication ferroviaire avec lesdits stocks. Il n’a donc pu que faire diluer cet ammoniac dans de l’eau et rejeter cette solution dans la Garonne en tuant ainsi du poisson. Cela a permis ensuite de le faire condamner pour pollution environnementale et de le citer, à l’ouverture du procès comme prévenu libre déjà condamné.


- II-1-1-4-3 : L' absence de coordination :
L'examen du dossier révèle par ailleurs l'absence de coordination entre ses différentes enquêtes ou inspections que l'ampleur de l'événement requérait. À qui la faute ? Le Tribunal Correctionnel se garde bien de le dire car le bordel incombe essentiellement au premier juge d’instruction Joachim Fernandez, à partir du moment où il a été mandaté.

Une telle coordination, ne serait-ce que dans la détermination des modalités d'action de chacun, le rappel de la prééminence de l'enquête judiciaire il n’y avait pas à le rappeler car il s’agit de la loi et l'organisation de l'échange des informations, aurait pu permettre de retrouver, le cas échéant des éléments de preuve indiscutable et, sans nul doute, éviter que des polémiques ne surgissent sur les résultats de certaines investigations menées par la CEI et voilà : le fait que la police, agissant sur commissions rogatoires du juge d’instruction, n’ait cessé de déconner n’est pas en cause, c’est bien la « perverse » CEI, que la Justice ne contrôlait pas, qui est seule à l’origine des problèmes et les intentions des uns ou des autres et, de fait, de clarifier le débat.


- II-1-1-4-4 : Les premières conclusions :
-- II-1-1-4-4-1 : Un point acquis : la nature de l'explosif :
Très vite, la société GRANDE PAROISSE, exploitante du site industriel et les différents groupes d'enquêteurs allaient considérer comme acquis, compte tenu de la localisation de la "trace" de la détonation, le cratère, à l'emplacement du bâtiment 221, que la cause de la catastrophe et de son terrible bilan résidait dans la mise en détonation d'un tas de nitrates d'ammonium déclassés. Le président LE MONNIER n’est réellement pas habile. La détonation du 221 est, évidemment, la cause principale du bilan. Mais il est inconcevable qu’il mélange, à ce stade, les conséquences et la cause sans avoir conscience d’étaler ainsi le fait qu’il sait, avant l’ouverture des débats, ce qu’il devra juger.
Ce tas de nitrates était composé pour partie de nitrate à vocation agricole (ci-après NAA), utilisé comme engrais, et pour partie de nitrate dit industriel ou technique (ci-après NAI) qui constitue le composé principal d'un explosif utilisé couramment dans le civil, fabriqués dans les ateliers de l'usine GP de TOULOUSE. Ces nitrates, déclassés pour des raisons industrielles ou commerciales, étaient provisoirement stockés, en attente de leur transfert vers l'une des usines SOFERTI en vue de leur recyclage, dans le bâtiment 221 de l'usine et se trouvaient ainsi sous la garde de l'exploitant.
C'est indiscutablement l'explosion de ce nitrate qui, par la quantité de produits mise en jeu, a causé l'ampleur de la catastrophe et est à l'origine des décès, blessures et sinistres dont le tribunal est saisi.
-- II-1-1-4-4-2 : Une inconnue : le processus d'initiation de l'explosion:
Ce qui a posé question et donné lieu aux nombreuses investigations policières techniques et scientifiques, et demeure selon la défense encore à ce jour inconnu, c'est le processus d'initiation qui a conduit à la mise en détonation du nitrate.

Nonobstant les propos inconsidérés du procureur de la République tenus le 24 septembre 2001, lors d'une conférence de presse, sur une probabilité de 90 ou 99% d'une occurrence accidentelle de la catastrophe, et la note peu convaincante de MM. VAN SCHENDEL ET DEHARO du 28 septembre 2001, aucun élément ne permettait à ce moment là, d'imputer cet événement à telle ou telle piste.


Les commissaires SABY et MALON, responsables de l'enquête au SRPJ de TOULOUSE, ont très clairement indiqué n'avoir tenu aucun compte des propos du procureur ni même du cadre fixé par l'ouverture d'information : l'examen minutieux de leurs procès verbaux démontre qu'effectivement leurs investigations ont été menées avec diligence et sans négliger aucune piste. C’est pour moi une nouveauté. Les commissaires SABY et MALON sont ainsi d’excellents policiers parce qu’ils n’ont tenu aucun compte de positions du procureur, qui les mandatait pendant le délai de flagrance, ni de celles du juge d’instruction FERNANDEZ après qu’il eut été désigné. Comment peut-on, sur la même page, déplorer que l’on n’ait pas respecté la prééminence de l’enquête judiciaire et se féliciter du fait que des policiers aient été les premiers à n’en tenir aucun compte ? Et dans ce cas pourquoi les commissaires MALON et SABY n’ont-ils pas officialisé leur désaccord par leur voie hiérarchique ?

Il est à présent nécessaire, après le rappel des faits constants notion intéressante : que sont donc des faits inconstants ?, de s'intéresser successivement au site, lieu de l'explosion, à l'exploitant qui avait la garde de ce qui a détonné, et au produit en cause, le nitrate lequel présente des particularités qu'il convient d'appréhender, les spécificités de ce produit explosible permettant de cadrer la recherche de la cause de l'explosion.


II-1-2 le site industriel :
Le 21 septembre 2001, l'usine, couramment désignée aussi comme étant l'ONIA, ou AZF, est exploitée par la SA GRANDE PAROISSE. AZF était bien le nom de l’usine, ONIA une simple survivance d’un lointain passé.

L'emplacement de cette importante structure industrielle au cœur d'un environnement urbain est celui de l'ancienne poudrerie transférée elle même en 1848 à l'écart de la ville à la suite des nombreux accidents survenus depuis sa création au XVIIème siècle. Comprenne qui peut ! L’ancienne poudrerie a effectivement été transférée dans une zone pratiquement inhabitée, mais l’incompétence des maires successifs, qui ont accordé des permis de construire à tout-va, l’a fait progressivement rattraper par l’urbanisation qui ne s’est arrêtée qu’à sa clôture. Celle-ci a connu son véritable essor, en employant jusqu'à 30 000 personnes, au cours de la première guerre mondiale compte tenu de son éloignement du front et de son raccordement au réseau ferré permettant l'acheminement de ses productions de poudre, explosifs et munitions.


A l'issue du conflit, les négociations sur la réparation des dommages de guerre permettant à la FRANCE d'obtenir de l'ALLEMAGNE la cession d'un brevet de fabrication de l'ammoniac par synthèse dit "procédé HABER", la création d'une unité de production d'ammoniac de synthèse a été décidée sur une partie des installations de la poudrerie qui a réduit son activité en parallèle.
L'Etat crée par une loi du 11 avril 1924, l'office national industriel de l'azote (ONIA), chargé de la fabrication et de la commercialisation d' engrais, produits azotés et dérivés. L'intervention de l'Etat au cours du 20° siècle dans le domaine de l'amendement des terres agricoles, s'inscrit dans la volonté d'assurer, à notre pays à vocation rurale, aux lendemains des deux grandes guerres, une indépendance en la matière.
Le site s'est vu conforté à partir des années 50 par la découverte de gisements de gaz naturel dans le sud ouest permettant d'assurer la continuité de l'activité de production d'engrais en substituant cet hydrocarbure au coke - dont les mines d'exploitation situés à proximité, dans le tam, entraient en voie d'épuisement - dans les procédés de cracking nécessaires à l'élaboration du gaz de synthèse de l'ammoniac.
Tout cela n’est que de la bouillie pour les chats recopiée parmi les pires insanités historiques écrites par les experts judiciaires. La vérité est que les explosifs obtenus par nitration organique (tels le TNT, la nitroglycérine, la nitrocellulose ou coton-poudre, etc.) avaient connu un grand essor pendant et juste après la première guerre mondiale. Leur production était conditionnée par la production préalable d’acide nitrique, qui s’obtient lui-même à partir d’ammoniac. C’est la raison de la création de l’ONIA que l’on a voulu éloigner de la région dite « Nord de guerre » et que l’on a implanté à Toulouse en raison de la proximité de la poudrerie, qui devenait son client principal, et de celle des mines de charbon de Carmaux qui fournissaient la matière première aux générateurs de gaz à l’eau, première étape de l’élaboration du gaz de synthèse d’ammoniac. La compétitivité des nouvelles unités a été assurée en leur demandant de produire également du nitrate d’ammonium qui est un fertilisant (c’est le F de AZF) et n’est pas un amendement. Il faut être totalement ignare pour écrire que l’ONIA était alimenté par des mines de coke, qui n’est pas un produit naturel  et qui est élaboré, à partir de houille, dans une cokerie!
Dès avant la deuxième guerre mondiale, la découverte du petit gisement de gaz naturel de Saint-Marcet à permis à l’ONIA de basculer sa production de gaz de synthèse sur le méthane et d’améliorer ainsi considérablement sa rentabilité. Le gisement de houille de Carmaux était alors loin de l’épuisement. Après la guerre, la découverte du gisement de Lacq a permis de relayer le gisement de Saint-Marcet qui s’épuisait, puis les sources étrangères du réseau de Gaz de France ont relayé Lacq qui s’épuisait à son tour. Dans l’intervalle, la production locale d’explosifs par nitration organique avait été interrompue et la vocation de l’ONIA et de ses successeurs était devenue principalement agricole.
II-1-2-1 : La structure juridique :
Depuis la fin des années 60, le secteur de la chimie a connu de nombreuses réorganisations, en sorte que plusieurs exploitants se sont succédé à la responsabilité industrielle de l'usine :
En 1967, l' ONIA est réorganisé et rattaché par un décret du 22 septembre 1967 aux mines domaniales de potasse d'alsace (MDPA)Faux, au sein d'un ensemble de deux sociétés contrôlées par un établissement public d'Etat, l'entreprise minière et chimique (EMC), autorisée le 26 septembre 1967 à prendre une participation dans le capital de la société des potasses et engrais chimiques et devenue le 19 décembre 1967 la société anonyme azote et produits chimiques (APC). En 1967, l’État crée l’EMC, établissement public holding de plusieurs sociétés, dont les MDPA et l’ONIA, rebaptisée en cette occasion APC (Azote et Produits Chimique). En 1978, l’État détache APC de l’EMC et l’apporte à CdF Chimie, filiale des Charbonnages de France et des diverses Houillères de Bassin, qui crée alors sa propre filiale CdF Chimie AZF (Azote et Fertilisants) en regroupant les actifs de son ancienne division Engrais, ceux d’APC et ceux d’une société de commercialisation. Fin 1987, CdF Chimie, devenue dans l’intervalle Orkem rattachée directement à l’État, rachète à l’Air Liquide sa filiale GRANDE PAROISSE (GP) et apporte CdF Chimie AZF GRANDE PAROISSE. L’usine de Toulouse conserve cependant le nom d’AZF pour des raisons de notoriété commerciale. Peu de temps après, l’État décide de démanteler Orkem qu’il venait de structurer et apporte sa chimie lourde, dont GRANDE PAROISSE, au groupe ELF qui l’intègre dans sa filiale chimique ELF ATOCHEM. Puis TOTAL réussit deux OPA successives, d’abord sur le groupe belge FINA puis sur ELF, et regroupe toutes ses activités chimiques anciennes et nouvelles dans la société ATOFINA, créée en cette occasion. Au moment de la catastrophe, GRANDE PAROISSE était donc une filiale d’ATOFINA, elle-même filiale de TOTAL, qui portait alors le nom provisoire de TOTAL-FINA-ELF.

Si j’insiste sur l’exposé historique, qui n’a guère de rapport avec le fond, c’est parce que les insanités relevées dans ce texte apportent la preuve que le Tribunal Correctionnel n’a jamais pris la peine de consulter l’ensemble du dossier de l’instruction. Il a lu les rapports d’expertise judiciaire et l’ordonnance de renvoi., et c’est tout ! Il n’a ainsi manifestement pas lu mon contre-rapport du Rapport final dans lequel je montrais que ses signataires racontaient n’importe quoi, y compris dans le domaine historique. J’avais déjà réécrit l’histoire correcte dans mon contre-rapport et il aurait suffi d’un simple « copier-coller » pour introduire cette version corrigée dans le texte du jugement.

En plus des productions traditionnelles de chimie lourde (nitrates agricole et industriel, urée engrais divers), cet établissement public on aurait pu espérer que le président avait acquis de petites notions de droit des affaires. Mais tel n’est hélas pas le cas. GRANDE PAROISSE n’était pas, au moment de la catastrophe, et n’avait jamais été auparavant un établissement public ! va décider, au début des années 1970 de diversifier ses productions et d'offrir une nouvelle filière d'écoulement à l'urée, matière première de l'acide cyanurique : c'est ainsi qu'en 1973 sont inaugurés, au sud de l'usine, des ateliers de chimie de spécialité produisant l'acide cyanurique, et l'ATCC, un dérivé chloré, ainsi qu'un atelier de résine formol. Au fil des ans, la capacité de production d'acide cyanurique va être progressivement augmentée et, en 1979, apparaît la production de DCCNA, autre dérivé chloré destiné à assainir les eaux de piscines, qui va se développer parallèlement à l'essor des piscines d'agrément. Le président, comme les experts, ne s’est jamais donné la peine d’essayer de comprendre ce qu’il se passait dans l’usine. L’ONIA et APC avaient toujours essayé de se diversifier, avec des fortunes diverses. Ils pensaient, notamment et sans doute à tort, que l’urée avait un grand avenir en France en tant qu’engrais azoté et avaient construit très tôt un premier atelier d’urée qui n’a pas tenu ses promesses et qui avait été arrêté. Mais il avait permis de développer une compétence en matière de débouchés de l’urée sous d’autres formes que l’engrais granulé. C’est ainsi qu’ont été créés des ateliers de production d’engrais azotés liquides (solution eutectique de nitrate et d’urée), une unité de production de formaldéhyde (généralement, et à tort, appelé formol), une unité de production de colles urée-formol (destinée à l’industrie du bois), une unité de mélamine, une unité de production d’acide cyanurique et de ses dérivés chlorés, l’acide trichlorocyanurique (ATCC) et le dichloro-isocyanurate de sodium (DCCNa) utilisés pour la désinfection des piscines et comme additifs antiseptiques dans l’élaboration de certains détergents. La réussite de ces filières a justifié, sous CdF Chimie AZF, la construction d’un atelier d’urée très moderne dont la tour de prilling a été qualifiée de « tour rouge » par certains témoins.


Force est donc (l’utilisation de ce terme semble sous-entendre que le juge considère cette décision comme une erreur) de relever, dès à présent, d'une part que c'est par suite d'une décision prise par un établissement public industriel et commercial encore ! il ne s’agissait donc pas d’un lapsus et le président s’avère particulièrement bouché. Le terme d’établissement public à caractère industriel et commercial ne s’est appliqué qu’à des structures nationalisées dans l’immédiate après-guerre, comme les Charbonnages de France et les Houillères de Bassin, et à de rares autres. Même une société comme CdF Chimie, dont le capital était entièrement détenu par l’État via des établissements publics, était une SA classique de type 2 et non pas un établissement public que les productions de nitrate et de dérivés chlorés ont "cohabité" sur le site de l'usine à partir de 1973, et d'autre part que cette situation a perduré, sans incident majeur jusqu'en septembre 2001 ; s'agissant d'un sujet longuement débattu à l'audience, le tribunal rappelle que pour être unique en Europe, la présence d'unité de fabrication de ces deux composés sur un même site industriel, qui trouve sa légitimité industrielle par la nécessité de disposer d'acide cyanurique pour servir de support conception chimique hardie au chlore, qui est un gaz, existe par ailleurs à travers le monde : s'il a été évoqué des unités de ce type en Asie, nous avons eu la confirmation par le professeur GUIOCHON, à l'audience, qu'une usine de ce type existait aux Etats-Unis : il est regrettable que ce témoin, qui a été un temps conseiller scientifique de la société GRANDE PAROISSE, n'ait pu ou voulu communiquer aucune information utile sur l'organisation de cette usine américaine, à la veille de la catastrophe du 21 septembre, ce qui eut été susceptible d'informer la juridiction sur les sécurités mises en œuvre pour veiller à ce que ces deux productions, fortement incompatibles, ainsi qu'on le verra ultérieurement, ne se croisent pas. La mise en cause du professeur Georges GUIOCHON est dérisoire. Moi-même, bien qu’étant du métier, j’aurais été incapable de dire, à brûle pourpoint, quelles sont les usines du monde où l’on produit à la fois du nitrate et du DCCNa.



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